Sleeping dogs s'inscrit dans cette vague de films dystopiques produits à l'autre bout du monde à la fin des 70's, avant même Mad max en Australie deux ans plus tard. En dépit de son petit budget, c'est en outre le premier film néo-zélandais d'envergure internationale, ce qui est suffisamment notable pour être relevé.
L'intrigue est étrangement contemporaine avec notre actualité du moment. Le monde est en crise, l'approvisionnement mondial en pétrole est sous tension, le pays bascule à coup de fake news vers un régime autoritaire, et le peuple a le choix entre l'adhésion sans broncher ou l'entrée dans une résistance qui évoque largement la Résistance française. Le personnage principal, lui, ne veut pas avoir à choisir, vu qu'il n'aspire qu'à ce qu'on lui fiche la paix sur l'île déserte où il a décidé de couper les ponts avec la folie ambiante. Sauf qu'évidemment, ça ne va pas être possible.
Bien que Sleeping dogs soit relativement méconnu chez nous, il aura visiblement été repéré par Hollywood, vu que les inconnus aux commandes sont devenus célèbres depuis. Premier film de Roger Donaldson, c'est largement plus ambitieux que les ternes blockbusters qu'il aura mis en scène aux USA par la suite. La photo étant très belle, et on n'est pas non plus étonné que Michael Seresin ait lui aussi été repéré comme directeur de la photographie. Comme on n'est pas surpris que Hollywood ait ouvert ses portes à Sam Neill après ça.
Longuet à certains moments, Sleeping dogs n'est pas non plus un film parfait. Le petit budget trahit le manque de moyens. Mais c'est ambitieux, inattendu, pas bête, et sa dystopie a malheureusement des allures de futur potentiel. Donc à découvrir.