Sleepwalking
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Sleepwalking

Film de Bill Maher (2008)

Les nombreux fondus au noir choisis comme transitions entre deux séquences participent, sur le plan esthétique, de ce somnambulisme thématisé par le titre et adopté comme métaphore de l’égarement des différents personnages suivis ou croisés, qu’il s’agisse de la cellule familiale périlleusement recomposée ou des rencontres faites au hasard – une femme vivant dans un camping-car aux couleurs des États-Unis, une vendeuse d’articles de Noël… –, marginaux que le film capte dans leur environnement géographique et socio-économique. Un plan revient souvent, celui d’un ou de plusieurs individus longeant une voie ferrée sur laquelle passent des wagons remplis de marchandise, symbole d’une activité industrielle qui avilit l’individu en ne le considérant qu’à l’aune de sa force de travail. William Maher orchestre la rencontre de la chronique sociale et du road trip, genre figuré par la voiture et incarné par l’acteur Dennis Hopper, quoique ces derniers demeurent décatis, rabougris, grisonnants : notre « easy rider » ne bouge plus, fermier occupé à ses occupations domestiques au sein d’un ranch, le véhicule est ancien et dégage des fumées importantes en prenant les voix rapides, le road trip se révèle être une impasse, à l’origine d’un aller-retour physique vecteur d’un voyage intérieur qui permettra l’indépendance d’un faux père et de sa fille.

Les quelques élans oniriques jouent la carte tantôt de l’émotion (peu réussie) tantôt de la parodie (appréciable), avec le détournement de la scène de la piscine de Lolita (Stanley Kubrick, 1962) qui se teinte de beauté et de gravité mêlées. La musique atmosphérique composée par Christopher Young accompagne ce récit d’apprentissage avec délicatesse et justesse. Une production digne d’intérêt.

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il y a 6 jours

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