Premier film écrit, joué et réalisé par Billy Bob Thornton, Sling blade est ce qu'on peut dire totalement méconnu aujourd'hui. Tourné pour une bouchée de pain, il a connu une petite renommée grâce à Miramax, la période dorée où Harvey Weinstein achetait très cher des films indépendants, puis les diffusait largement en salles.


Personnellement, je n'en avais jamais entendu parler, jusqu'à lire un article sur Joseph Gordon-Levitt, qui le cite dans ses films préférés. Le visionnage effectué, c'est effectivement un grand film sur la différence.
Thornton y joue Karl, un déficient mental qui sort de l’hôpital psychiatrique vingt-cinq ans après avoir tué sa mère et son amant, car il pensait avoir vu quelque chose de mal. Il retourne dans sa ville natale, dans l'Arkansas, où il se lie d'amitié avec un petit garçon, qui lui demande à ce qu'il habite avec sa mère et son beau-père, un odieux connard.


Il faut dire que 90% du film est occupé par Billy Bob Thornton, lequel se révèle vraiment impressionnant dans ce rôle très difficile. A l'aide quelques prothèses, d'un visage monoexpressif, et de quelques grognements, dont plusieurs Ok then, il joue un personnage au fond attachant même s'il parait difficile de lui porter quelque crédit de prime abord. Il a extrêmement peu d'interactions sociales avec les autres, sauf avec ce petit garçon, qu'il éduque malgré tout en lui disant de ne pas être trop grossier.
Mais ce qui étonne surtout, c'est qu'il parait souvent invisible à l'image, alors qu'on le voit. Comme notamment cette dispute familiale entre la mère et le fils contre ce beau-père ivre, qui manque de les tuer, en plan fixe. Et Karl est assis au premier plan, sans regarder ce qui se passe derrière lui, où ça hurle à tout va. Malgré un budget qu'on sent limité, il y a un travail très intéressant sur le cadre, comme si Karl était quelque part divin ; je dis ça, car la question religieuse revient plusieurs fois dans le récit, car il est également croyant.


Les autres acteurs sont y sont très bons, mais il faut aussi que je parle de Robert Duvall, qu'on voit quelques minutes en tant que père de Karl, et qui impose une énorme présence alors qu'il ne dit rien ou presque,avachi sur son fauteuil écoutant un formidable monologue de Karl. C'est là qu'on voit un immense acteur, à savoir bouffer l'écran par sa seule prestance.
Sans trop savoir à quoi je m'attendais, on a là un film vraiment fort où Billy Bob Thortnton crée un personnage qui marque les esprits.

Boubakar
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le 2 oct. 2018

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Boubakar

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