Quand les vieux singent les jeunes, ces derniers prennent un coup de vieux
On aime ou pas, aucunes demi-mesures avec ce genre de film. Ce qui est un déjà un gage de qualité, ou pas. Mais lorsqu'il n'y a pas moyen de se situer entre le deux, l'objet artistique qui en découle dépote souvent, et alimente des conversations souvent riches.
C'est clair que dès le début il faut être patient. L'abus d'effets modernes façon "j'ai appris le montage en matant MTV", les répétitions, les dialogues expressément opaques et incompréhensibles vont soit vous rebuter soit vous donner envie d'en savoir plus. Pour donner une idée, je rapprocherais ce film de Memento, dans le mode de construction et de ce flou propre aux films qui ballottent entre le réel et l'imaginaire. Au-delà de ça, Hopkins étant ce qu'il est, ce film est un manifeste d'un vieux de la vieille du cinéma. S'il abuse de ces effets de style c'est pour se moquer du cinéma actuel, les intrusions de Kevin McCarthy, le brossage au gros pinceau des préjugés qu'on peut avoir sur Hollywood, tout ça ce sont les gamineries d'un môme de la septantaine. Et c'est vachement jouissif. Il faut le voir plus comme une déclaration, un long poème, un ode à la nostalgie et à une certaine incompréhension de ce qui se fait et se vend actuellement.
Si vous aimez voir un film non seulement pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il vous fait découvrir, réfléchir, que vous êtes patient et un brin porté sur le psychédélisme déviant alors vous apprécierez. Pour les autres faites un effort par ce que ce film vaut le coup.