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le 8 oct. 2014
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Le procédé est sensiblement similaire à celui utilisé pour RR, l’asphalte des routes ayant remplacé les voies ferrées. Soit, filmer des portions routières, selon des points de vue variés, dans...
Small Roads... autant de lopins filmiques éclairés, cadrés et enregistrés par l'étonnant James Benning. 47 plans d'inégales durées, impartiaux dans ce qu'ils cherchent à montrer, donnant à voir un morceau de bitume dans toute sa contenance. Le cinéaste insuffle ici une dimension pour le moins aléatoire au montage cinématographique, ne cherchant jamais à charpenter et/ou à ramifier un plan donné avec celui qui le précède ni avec celui qui le suit ; il pulvérise littéralement la notion de narration, laissant exister chacune de ses vues par et pour elle-même sans tendre à raconter un parcours métrique.
Ainsi les routes, si elles sont encore et toujours présentées dans l'imperturbable logique centripète du réalisateur ( cadre fixe, maturation visuelle et contemplation picturale mettant à l'épreuve notre persistance rétinienne ) témoignent ici leur inertie avec ou sans véhicule(s) pré-supposé(s), sans conforter nos attentes d'un ou plusieurs évènements. En redéfinissant l'instantanéité d'une chasse aux images James Benning porte à son paroxysme la mouvance photographique, laissant macérer ses plans pour inviter le spectateur à lire et, de fait, mieux comprendre ce qui se présente à ses yeux. L'un des films les plus surprenants de son auteur.
Créée
le 25 déc. 2017
Critique lue 228 fois
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