C'est le premier film de Joe Dante que je recense sur SC. Il faut bien avouer que le film d'horreur/épouvante n'est pas vraiment ma tasse de thé. Je sais qu'il est tout-à-fait honteux que j'avoue avoir moyennement apprécié les deux "Gremlins" et encore moins "Piranhas". Mais c'est comme ça, je n'accroche pas au genre qui est très prisé sur SC. Même si je peux reconnaitre d'éminentes qualités au savoir-faire cinématographique de Joe Dante.
Alors, "Small Soldiers" est-il une exception que j'accorderais à Joe Dante ? Eh bien, en fait, je suis très partagé.
Je résume à ma manière le film qui met en scène un constructeur de jouets dont le seul souci est de trouver le bon filon pour produire le jouet qui va rapporter le maximum. Pour l'heure, l'idée consiste à créer des figurines ennemies : des soldats genre GI bodybuildés (commando d'élite) face à des monstres les Gorgonites (pas beaux mais gentils) ; le hic, c'est que le concepteur a l'idée géniale de les affubler d'un logiciel, d'une puce ou je ne sais quoi, empruntée à l'arsenal militaire. De ce fait, les figurines deviennent des personnages intelligents, capables d'évoluer mais très agressifs. Et ils déclenchent une guerre meurtrière et dévastatrice pour détruire les Gorgonites, programmés, eux, pour perdre et qui n'ont que la ressource de se cacher. Les êtres humains malencontreusement impliqués après avoir acquis ces jouets, risquent bien d'en faire les frais.
Par définition, ces jouets sont destinés à un public d'enfants ou d'adolescents. Comme, en d'autres temps, il y avait des soldats de plomb (ou en plastique, suivant l'époque ^^) qui stimulaient l'imaginaire de l'enfant pour reconstituer une bataille du genre "le preux chevalier" contre "le félon" ou encore "le valeureux marine américain" face à "l'odieux nazi". Ok. Sauf qu'ici, on a des jouets qui sont programmés pour tuer, blesser, ou encore foutre le feu, faire exploser une maison. Pire, les soldats "commando d'élite" parviennent à convaincre les poupées "Barbie" (sexy, forcément) à prendre les armes. Et l'ado (je fais court) prend la tondeuse auto-tractée de Papa pour éradiquer cette engeance ! On voit les poupées "Barbie" et autres soldats écrasés ou coupés en deux par la tondeuse…
Bref, mon premier étonnement est que ce film reste (pratiquement) pour tous publics : franchement, je me demande comment une petite fille ou un petit garçon peut recevoir de telles scènes sans en être durablement choqué …
Par contre, si le film est réservé à un public "averti", là, je change complètement d'avis. Car le film est une très bonne satire de la société de consommation américaine. Mais pas que. Le film fustige aussi cette société où l'arme est iconique, où on se fait bien plaisir à lancer une guerre à l'autre bout du monde, sans risques pour soi. Et l'avalanche de références cinéphiliques est particulièrement jouissive entre le discours sur fond de drapeau américain ("Patton") ou l'appréciation de l'odeur du napalm au petit matin ("Apocalypse now") ou encore les airs martiaux à la Hartman ("Full Metal Jacket") ; et j'en oublie certainement comme, par exemple, la référence à "A l'ouest rien de nouveau".
J'ai même trouvé que le film avait d'étonnantes résonnances bien actuelles où un certain chef d'État envisage froidement, comme une bonne blague, d'effacer carrément une civilisation. Et puis cette façon de résoudre tout problème par un gros chèque est bien gerbante mais tellement crédible.
Alors, quelle note mettre à ce film qui me perturbe à l'idée qu'il s'agit de jouets dans le monde des enfants mais qui me réjouit dans son humour grinçant et noir, antimilitariste. Ce serait donc, la note pivot soit 5.
C'est la bande sonore assez réjouissante où on trouve du Queen, du Led Zep, du Rush et même du Wagner ! qui va finalement départager en octroyant un point de plus à 6. Mais je n'irai pas plus loin.