Délaissant les histoires de la communauté chinoise qu'il aimait raconter, le cinéaste Wayne Wang s'associe avec l'écrivain Paul Auster pour adapter une de ses nouvelles. L'amitié d'un écrivain veuf et du tenancier d'une échoppe à cigares dans Brooklyn. Autour d'eux, les habitués du quartier, des destins qui se croisent. Avant tout, les personnages s'avèrent formidablement écrits. On ressent l'indulgence, la tendresse, une bienveillance de tous les instants pour eux. Loin des clichés et des violons, on fait preuve d'humanisme, de générosité, on se lie d'amitié, on confie ses blessures intimes. Voici une intrigue subtile, construite par petites touches, suite de saynètes du quotidien. La simplicité de la mise en scène de Wayne Wang alliée à l'écriture incomparable de Paul Auster servent à merveille ces histoires lumineuses, intenses, parfaitement dialoguées et interprétées. A ce titre, la dernière séquence du film est admirable et conclut remarquablement le récit.