Sans doute le dernier très bon film de Brian DePalma.
Le réalisateur italo-américain transcende un script efficace de David Koepp par une mise en scène ample et virtuose, entamant son film par un (faux) plan-séquence à couper le souffle, avant de déployer un récit truffé de faux-semblants, à l'aide de plusieurs flashbacks biens sentis.
Dans cet oppressant thriller en huis-clos, toute l'action se déroule dans un immense hôtel d'Atlantic City transformé en arène de boxe. Alternant sans cesse les points de vue, DePalma joue sur la perception du spectateur par écrans interposés (caméras diverses, télévisions, écrans de contrôle...), qui filtrent la réalité et n'en dévoilent qu'une parcelle.
Déchaîné dans la peau de ce flic local sans scrupules, Nicholas Cage s'éclate comme un gamin dans un rôle à sa démesure, bien secondé par Gary Sinise et Carla Gugino, ainsi qu'une poignée de seconds rôles pittoresques (Luis Guzman, Kevin Dunn, John Heard...).
Dépassant à peine le format d'une heure et demie, "Snake Eyes" s'avère juste assez bref pour ne pas ennuyer, au moment où le récit - légèrement prévisible et convenu - commençait à s'essouffler quelque peu dans son dernier quart.