D'essence patriotique -la marque de fabrique du cinéaste- le film célèbre l'héroïsme des femmes combattantes de 14-18 dans les territoires occupés, espionnes au service de la France unies au-delà des barrières sociales, comme c'est affiché en grosses lettres dans un préambule solennel avec présentateur en costume cravate.
Le film raconte l'activisme de deux authentiques espionnes, Louise de Bettignies et sa complice Léonie Vanhoutte. De l'art de passer les frontières françaises, belges et néerlandaises avec des messages cachés. Malheureusement, bien que tourné avec des comédiens de toute nationalité, y compris allemande, le film n'est pas précisément réaliste et n'est d'aucune intensité dramatique. Le cinéma d'espionnage des années 30 n'a pas la maturité nécessaire : il n'est pas dans la mise en scène du secret mais dans celle de l'explicite. Pour exemple, l'espionne jouée par Josette Day trahit volontiers et maladroitement ses émotions. L'autre comédienne, Jeanne Sully, dans le rôle principal, s'en tire mieux dans l'espression d'une détermination sans faille.
Le film monte, sinon en puissance, du moins en gravité, suivant le crescendo indiqué par un récit fractionné en trois époques : Servir, Souffrir, Mourir, ce qui dit assez bien dans quel esprit le film a été tourné. A défaut d'une action ou d'un suspense haletants, on a une commémoration patriotique en bonne et due forme.