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What else ?
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le 2 août 2013
Véritable touche à tout de génie (dur à enfermer dans des cases précises), capable de passer du thriller fun (les OCEAN'S) au polar choral (TRAFFIC), de l’enquête sociétale (Erin Brokowich) au drame introspectif (SEXE, MENSONGES ET VIDEO), de l’expérimental (BUBBLES) au film de gangsters sexy et classieux (HORS D’ATTEINTE), Soderbergh se lance ici dans la S.F.
Mais on n’est pas chez Georges Lucas, on est plus dans le drame intimiste, mais dans l’espace, plus dans le drame introspectif ou la méditation métaphysique que dans le space opera.
Il occulte tout le spectaculaire par des ellipses bien senties (le voyage, le décollage).
Adaptation plus ou moins fidèle d’un roman de Stanislas Lem (réponse soviétique au 2001 d’Arthur C.Clarke), le film emprunte à diverses choses : le mythe de Prométhée (Titan qui crée des hommes à partir de la boue), Orphée (qui va rechercher sa bien aimée aux Enfers), Tarkovsky (précédente adaptation du même roman), Kubrick (2001, ODYSSÉE DE L'ESPACE), Ridley Scott (BLADE RUNNER). Il met néanmoins de côté tout le décorum mystique et religieux du bouquin et de la précédente version.
Aussi exceptionnel sur le fond, où on a à faire à un remarquable scénario sur le travail du deuil et sur notre questionnement à comment survivre à la perte de l’autre, le film est remarquable sur le fond. On nous parle ici du rapport aux morts et non de la mort elle-même. Comment vivent nos souvenirs des défunts, et quelle image de ceux-ci construisons-nous ? Ce sont les vraies questions posées par ce film. Le voyage est plus intérieur que spatial. Kelvin n’a retenu que les bons souvenirs de sa relation, Kheyra que les côtés sombres.
De ce fait, la planète symbolise tout ce qu’on ne comprend pas, le subconscient.
Malgré tout, un vrai suspens narratif maintien le film, baigné par une vraie poésie.
Il y a volonté de brouiller la perception en rendant difficile la distinction entre tangible et intangible. Le film se passe dans le cerveau du personnage principal (remarquable Clooney).
La mise en scène est sobre et subtile, et la lumière est juste magnifique. Un vrai chef-d’œuvre.
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