Todd est un soldat entraîné dès sa naissance et il devient un redoutable vétéran. Mais, face aux nouveaux combattants génétiquement modifiés ainsi qu'à leurs capacités surhumaines, il ne peut rien faire. Considéré comme mort, il est jeté sur une planète – décharge. Mais, contre toute attente, la communauté qui y vit le sauve.
Soldier est un film scénarisé par David Webb Peoples, le père de Blade Runner, de Ladyhawke et de L’Armée des douze singes. Oui, mais derrière la caméra se trouve Paul W. S. Anderson. Lui, c’est plutôt Mortal Kombat et Event Horizon, le vaisseau de l’au-delà qu’il a réalisés.
Soldier est un excellent film… des années 70. Le scénario est simplissime, expliqué plusieurs fois pour qu’un gamin de 5 ans le comprenne, et son déroulement est archi conventionnel. Le réalisme tient aussi de la maternelle : Todd est un terminator qui résiste à tout, chutes vertigineuses, coups à répétition et explosions en tout genre ; l’Armée a eu tort de le jeter...
Le casting n’est pas mauvais. Jason Scott Lee est un habitué des films d’action et son rôle lui va comme un gant. Connie Nielsen joue une bombe avec un cerveau, ce qui est bienvenu. Quant à Jason Isaacs et Sean Pertwee, ils font leur job correctement. On aperçoit même Gary Busey, le monsieur Joshua de l’Arme Fatale. Toute cette équipe est fort sympathique, mais elle est écrasée par le rôle principal. En effet, Kurt Russell est un bon acteur, et il donne à son personnage une dimension assez touchante en gardant toujours la même expression alors qu’il arrive pourtant à transmettre des émotions. C’est talentueux. Par ailleurs, se fader un film d’action à 47 ans, c’est toujours sportif, et l’escalade à la chaîne a dû être assez fatigante pour lui ; c’est également une belle performance physique.
Les images sont très correctes avec un décor post-apocalyptique soigné. La planète – décharge a de faux airs de la Terre de Wall-E (sorti bien après), et la décoration de la communauté sort tout droit de celle des hippies, de même que leur naïveté. À noter les clins d’œil aux autres rôles de Kurt Russell sur sa fiche à l’ordinateur.
Soldier ressemble à la visite chez un copain camé, sympa, mais complètement en vrac : c’est chaleureux, très naïf, et ça n’a pas deux sous de réalisme. Ce film peut se regarder avec attendrissement pour voir la performance de Kurt, mais il ne faut pas en attendre des merveilles. C’est comme une barre chocolatée, c’est bon, mais ce n’est certainement pas un repas. À consommer sur le pouce, donc.