Bob Byington signe avec Somebody Up There Likes Me une comédie minimaliste et décalée, aussi intrigante que frustrante. À mi-chemin entre Wes Anderson et le cinéma mumblecore, le film déroule le parcours d’un homme impassible face au temps qui passe, avec un humour froid et distancié qui séduit autant qu’il déstabilise.
Porté par Keith Poulson, dont le jeu stoïque épouse parfaitement le ton du film, et épaulé par un Nick Offerman plus expressif, le trio principal évolue dans une narration fragmentée où l’ellipse est reine. Le passage du temps devient une mécanique absurde, presque indifférente aux émotions. Visuellement, le film est soigné : couleurs douces, mise en scène épurée, touches d’animation... mais cette esthétique raffinée semble parfois survoler son sujet, sans vraiment s’y attacher.
En lui attribuant un 6,5/10, je salue une œuvre audacieuse, personnelle, mais qui reste à distance. Un film à ne pas aborder en attendant du rire facile ou de l’émotion directe, mais qui peut toucher ceux qui aiment se perdre dans l’absurde du quotidien.