Un premier film d'une grande finesse de la part d'Eva Victor. On y parle d'Agnès, une vingtenaire profondément déboussolée à la suite d'un évènement traumatique. La réalisatrice fait le choix d'une narration non linéaire et d'un cadre fixe pour donner la perspective d'un personnage "bloqué". Ce qui n'empêche nullement de laisser entrer un humour pince-sans-rire. Et bien sûr l'humanité qui se dégage naturellement d'Agnès, dont le tempérament rappelle un peu Fleabag. Cela passe également par la présence de Lydie, amie et soutien indéboulonnable. Du voisin, un peu gauche mais doux comme agneau. Ou d'une rencontre plus inattendue avec un gérant de sandwicherie (John Carroll Lynch, parfait). Ou de l'irruption d'un petit matou. Il faut bien ça pour contrebalancer certaines épreuves plus délicates avec un médecin trop clinique et des responsables d'administration inactives. À travers l'histoire de notre héroïne, on devine que la cinéaste parle beaucoup d'elle. Et de l'importance de partager son expérience (le monologue final est à ce titre très touchant). C'est ainsi que la vie peut repartir.