Qui est vraiment Souad, l'héroïne du premier long-métrage d'Ayten Amin ? L'étudiante sage de 19 ans, qui se plie aux contingences religieuses d'une société conservatrice ou la jeune femme égyptienne moderne qui flirte sur Facebook et poste des photos de séductrice virtuelle ? L'idéal est de ne rien savoir de plus de l'intrigue du film qui prend un virage inattendu et presque inexplicable au bout d'une vingtaine de minutes. Vivre une existence schizophrène comme celle de Souad n'est pas sans danger et le film l'illustre avec une grande fluidité, en dépit d'une mise en scène qui peut sembler parfois hachée et à l'arrache, façon reportage, et des dialogues très denses, au point que les sous-titres arrivent à peine à suivre. Du côté de chez Souad, Ayten Amin analyse avec plus de profondeur qu'il n'y parait, de prime abord, le contexte social d'un pays où la jeunesse ne restera pas éternellement frustrée par le manque de liberté, même si Facebook et Compagnie, exutoires idéaux, sont d'autres outils d'aliénation et des miroirs mensongers. Souad est porté par un casting majoritairement amateur, des jeunes filles, en particulier, qui apportent, de par leur vivacité et leur jeu très naturel un souffle de réalisme. C'est sur la longueur qu'il faut apprécier le film qui commence de manière un peu chaotique et se termine à Alexandrie dans une sereine mélancolie.