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le 13 août 2026
SuivrePar-delà les mondes !
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Un film dont le discours sociopolitique est suffisamment explicite pour qu’il soit difficile de l’ignorer — et parfois même un peu trop didactique pour qu’il soit nécessaire de beaucoup le commenter. Hamaguchi y décrit un modèle économique qui a longtemps produit du progrès et du bien-être mais dont les externalités contemporaines sont devenues largement toxiques, pour les individus comme pour le monde qu’ils habitent. Le constat est pertinent, même s’il n’est sans doute pas ce qui m’a le plus intéressé dans le film.
Ce qui m’est resté, c’est quelque chose de beaucoup plus simple : la marche.
Soudain est traversé par l’ambulation. On y parle en marchant, on réfléchit en marchant, on soigne en faisant marcher. Hamaguchi filme longuement les jambes et les pieds, immobiles ou en mouvement, jusqu’à faire de la station debout, de la marche et même de la réflexologie plantaire — médicalement discutable mais symboliquement limpide — des outils de reconstruction pour des personnes âgées atteintes de troubles cognitifs.
Cette insistance finit par dépasser le simple motif visuel. L'ambulation devient à la fois "moyen et but", une manière presque élémentaire de penser l’existence et le changement : pour évoluer, encore faut-il pouvoir se mettre en mouvement.
Les longues conversations marchées en donnent peut-être la plus belle traduction. Deux personnes côte à côte, avançant dans la même direction, sans la frontalité d’un face-à-face : il y a dans cette disposition quelque chose d’égalitaire et presque politique. On ne cherche plus tant à convaincre l’autre qu’à cheminer avec lui. Le déplacement physique accompagne alors celui de la pensée, comme si toute transformation véritable exigeait d’abord d’accepter de quitter sa position initiale.
C’est aussi ce qui rend si belle la relation entre les deux personnages féminins. Leur complémentarité ne repose ni sur le conflit ni sur une opposition artificiellement dramatisée, mais sur l’écoute, l’attention portée à l’autre et la possibilité d’évoluer à son contact. Elles avancent ensemble sans devenir identiques.
Hamaguchi semble ainsi proposer une réponse étonnamment radicale à un monde qui ne sait plus très bien dans quelle direction aller : non pas accélérer davantage, imposer ou conquérir, mais marcher, écouter, accompagner.
Ériger la douceur, la bienveillance et la patience en principes évolutifs supérieurs pourrait facilement sombrer dans la naïveté. Soudain évite cet écueil en les présentant non comme des vertus abstraites, mais comme des pratiques concrètes : prendre soin, laisser du temps, avancer au rythme de l’autre.
Une philosophie finalement très simple.
Mettre un pied devant l’autre, et essayer d’aller quelque part ensemble.
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