Je regrette le temps où on faisait des séries B de qualité. C'est pour cela que cette petite histoire d'1H30 menée sans temps mort et qui contient beaucoup de situations peu crédibles, même pour un film de SF (j'ose espérer que ce n'est pas de l'anticipation parce que ce serait vraiment un avenir cauchemardesque) m'a ravi.
Ce mélange d'un jour sans fin (le héros est condamné à revire 8 minutes d'une vie qui n'est pas la sienne jusqu'à ce qu'il trouve la solution qui sauvera beaucoup de vies), de romance (le sourire répété de l'héroïne conduit nécessairement à une relation souhaitée par tout spectateur donc autant profiter de chaque reboot pour améliorer le contact) et de drame (parce que oui quand même, ce que vit le héros s'avère peu enviable) sur fond de questionnement éthique pas si absurde (est-on prêt à renier ce qui fait notre humanité pour sauver des vies) aboutit à un produit certes discutable mais bien agréable à suivre.
Jake Gyllenhaal est parfait dans ce rôle frénétique aux côtés de Michelle Monaghan et de son sourire pendant que Vera Farmiga dans un rôle presqu'immobile exprime bien les diverses émotions nécessaires au déroulement du récit. La mise en scène est précise, claire au service d'un scénario compréhensible. Certes la fin est loin d'être idéale, calibrée pour un public qui veut sans doute absolument ce type de fin ...
une happy end où on oublie la physique quantique pour se perdre dans un paradoxe vertigineux où le couple survit alors que la mort du héros était beaucoup plus logique à tout point de vue, ce qui n'aurait pas empêché qu'il accomplisse sa mission. Mais après tout, Rambo devait mourir à la fin du premier film, les studios ont l'habitude de laisser la porte ouverte, on ne sait jamais ...
Bref, (c'est le cas de le dire, puisque l'essentiel tient en 8 minutes), profitez de ce paradoxe perdu et oubliez la logique (après tout, c'est juste de la SF, pas de la vraie science et ce n'est pas plus stupide qu'un sabre laser): vous passerez un bon moment et c'est déjà pas mal.