Dans un train de banlieue roulant vers Chicago le capitaine Colter Stevens,de l'US Army,se réveille brusquement sans comprendre ce qu'il fout là étant donné qu'aux dernières nouvelles il était en train de combattre en Afghanistan.Le train est piégé,il explose et tout le monde meurt,sauf que le bidasse se réveille à nouveau dans une capsule sombre qu'on sait pas ce que c'est ni où ça se trouve.Il voit apparaître sur un écran miss Goodwin,officier supérieur qui lui explique le topo.Il a été sélectionné pour une mission,débusquer le terroriste qui a fait sauter le convoi quelques heures plus tôt,en utilisant un programme secret révolutionnaire qui peut le propulser dans le corps d'une des victimes,en l'occurrence l'enseignant Sean Fentress.Il s'agit de neutraliser l'affreux avant qu'il ne récidive,car le gars a annoncé d'autres attentats.Mais attention,ce transfert ne dure que huit minutes à chaque fois,ce qui oblige Stevens à recommencer indéfiniment son enquête depuis le début,jusqu'à ce qu'il découvre le coupable parmi les passagers.Le réalisateur Duncan Jones,fils de David Bowie,signe ici son deuxième long-métrage après avoir été révélé par "Moon",le précédent.Il parvient à transcrire de manière correcte le scénario pour le moins tarabiscoté de Ben Ripley,qui mixe "Avatar" et "Un jour sans fin" et s'apparente à pas mal d'histoires de paradoxes temporels comme par exemple "Next".Le producteur français Philippe Rousselet,associé à l'Américain Mark Gordon,s'aventurait ici Outre-Atlantique,sa firme Vendôme Production étant pour l'occasion rebaptisée Vendôme Pictures.Ce récit de SF est assez sympa et marrant,surtout au début car la répétition incessante des mêmes éléments légèrement modifiés à chaque voyage finit par lasser un poil.Le héros est au début désorienté,on le serait à moins,mais il prend peu à peu ses marques et finit par prévoir tout ce qui va se produire puisqu'il revit sans cesse la même scène.Le spectateur aussi malheureusement,qui identifie Mister Bomb plus vite que le militaire,devine rapidement ce qu'il en est de sa situation et anticipe le calamiteux happy-end tiré par les cheveux qui conclura l'affaire.On sent bien que Goodwin n'est pas au point,jeu de mots,et que,poussée par son empathie pour Stevens,elle trahira son boss scientifique mégalo,le déplaisant docteur Rutledge.Et puis le récit s'enfonce progressivement dans une complexification assommante en multipliant les affèteries temporelles imbitables,on se croirait dans le multivers de Marvel avec ses morts pas morts et ses réalités parallèles à la con.Surtout que la physique quantique ne sert en vérité que de cache-sexe au vrai propos du film,la romance entre Colter et la belle Christina,sa voisine de compartiment,une idylle basée de surcroît sur un mensonge vu qu'elle le prend pour son pote Sean,avec qui elle voyage quotidiennement,lequel Sean étant condamné à offrir son corps à la science pour y loger l'esprit de Colter.Jake Gyllenhaal,invariablement excellent,se glisse avec aisance dans la peau de ce militaire paumé manipulé dans les grandes largeurs,et son duo avec la craquante Michelle Monaghan fonctionne du tonnerre.Une Vera Farmiga bouffie est en revanche à la peine en opératrice trop humaine pour être efficace,alors que Jeffrey Wright ne convainc pas non plus en docteur Maboule prêt à toutes les expériences douteuses pour se faire mousser.Note et critique de film de Duncan Jones publiées précédemment:"Warcraft:Le commencement"-6.Moyenne:6.