Dans un pays slave non identifié, l'étudiant Razumov est mêlé malgré lui à un crime politique commis par un conspirateur révolutionnaire.
Un quiproquo dramatique introduit l'intrigue puis la mauvaise conscience de Razumov, pris au piège de la police politique du régime -l'occasion de voir le légendaire Jacques Copeau dans une de ses rares apparitions au cinéma- est le principal argument du sujet au point que le film résonne d'une petite musique dostoievskienne. Et à ce propos, Pierre Fresnay, dans le rôle de l'apolitique Razumov, pas très bien dirigé par Marc Allégret, en fait un peu trop en termes de physionomie et de regards tourmentés...Idem pour Jean-Louis Barrault, toujours dans les compositions hallucinées ou maladives et les roulements d'yeux.
Si Allégret parvient à donner un caractère "balkanique" au film, sa réalisation n'est pas d'une grande subtilité, aux confins, parfois, d'un expressionnisme assez creux; elle est même plutôt mollassonne dans de nombreuses séquences. Elle donne peu de relief à une fiction vague, abstraite à force d'invoquer un certain type de régime et de moeurs politiques sans les qualifier et en les maintenant dans une représentation trop théorique.
L'enjeu et le contenu dramatiques sont, somme toute, faibles et communs.