Il s'agit ici du 3 ème et dernier film de Sam Raimi sur le tisseur de toile.
Le réalisateur est toujours aussi brillant. Il aime vraiment les comics Marvel. Né en 1959, il a baigné dans cet univers des premières histoires et son regard d'enfant est toujours présent.
Mais pour ce troisième volet, un problème surgit. En plus des personnages d'origine, on lui impose un anti héros apparu en 1984 et devenu très populaire pour les lecteurs ... mais pas pour Sam Raimi. Venom est donc une concession et ce n'est jamais une bonne nouvelle.
Dès lors le film va pour la première fois de la trilogie souffrir d'un problème de rythme.
Dans sa première partie, avec le bouffon vert et l'homme sable, Raimi est dans son élément.
Les enjeux d'Harry (James Franco) confronté à une mauvaise interprétation du passé face à son seul ami Peter Parker (Tobey Maguire) sont bien posés et l'affrontement dans une série de rues étroites remarquablement filmé.
L'apparition de l'Homme sable qui fait écho au premier volet en réécrivant la mort de l'oncle Ben est bien vue et les effets spéciaux sont magnifiques. Flint Marko (Thomas Haden Church) devenu cet être minéral par accident a besoin d'argent pour soigner sa fille et devient donc méchant par "obligation".C'est ainsi qu'intervient le thème de la rédemption et du pardon amené avec beaucoup de logique. Tout cela est très réussi avec cet homme aux sables émouvants.
Puis arrive Venom, le symbiote extra terrestre qui s'empare de Spider man pour flatter ses plus bas instincts et l'emmener sur le terrain de la vengeance qui est toujours une impasse. En soi, la transition n'est pas inintéressante. l'ennui est que la transformation de Peter en Homme sur de lui avec une mèche rebelle est à la limite du ridicule. l'arrivée d'Eddie Brock (Topher Grace) dans l'histoire, supposé être l’hôte permanent de Venom le sera très peu de temps. S'y ajoute l'apparition de Gwen Stacy (Bryce Dallas Howard) normalement premier véritable amour de Peter Parker dans les comics, ici second rôle peu convaincant de pseudo rivale de Mary Jane (Kirsten Dunst), elle même en proie à ses propres démons d'artiste incomprise. En somme, la deuxième partie du film est moins efficace, à l'exception peut-être du double combat final et de sa conclusion tragique mais apaisée.
Sam Raimi aura t il les mains libres pour Doctor Strange, sa prochaine réalisation Marvel? Il faut lui souhaiter. Il n'est jamais meilleur que lorsqu'il réalise en toute liberté.