Ce film est un concentré de la mondialisation dans le monde du cinéma, pas forcément pour le mieux. Au départ un film thaïlandais (« Shutter »), repris par la Twentieth Century Fox pour en transposer l’action au Japon avec une équipe américano-nipponne. On n'est donc pas là devant un truc à budget riquiqui comme on le voit trop souvent dans le genre du film d'horreur et d'épouvante. Ah oui, « Shutter » (obturateur) pour l’exploitation chez nous a été changé pour « Spirits » histoire de bien faire flipper les petits Français et Françaises ! Autant dire que le titre original était bien meilleur…Un couple de jeunes mariés américains se rend au Japon où le jeune époux doit réaliser des photos de mode puisqu’il est un photographe réputé et se trimbale tout le temps avec ses appareils. Sauf qu’un soir, sur une route isolée, le couple est persuadé d’avoir percuté en voiture une jeune femme…dont la police ne trouve évidemment aucune trace. Mais alors les évènements étranges s’enchaînent. Bon, n’y allons pas par quatre chemins, c’est raté et de belle manière. La réalisation de Masayuki Ochiai est plate, molle, lente, on attend en vain que ça s’agite.
L’histoire enfile les clichés les uns aux autres, il n’en manque pas beaucoup, de l’apparition soudaine d’un fantôme sur la route en pleine nuit provoquant un accident de voiture, aux énigmatiques traces spectrales sur les photographies menant vers un insondable mystère en passant par les bruitages inquiétants, la rampe d’escalier tremblotante, les mirages cauchemardesques dans les reflets de miroir et l’inévitable twist. Rien du catalogue du genre très poussiéreux qu’est le film de fantôme japonais ne nous est épargné. Non mais franchement, les fantômes apparaissant sur les photos, ça fait trembler qui aujourd’hui ??? Des gamins de CP, et encore ?! Pourquoi pas aller jusqu’au bout et jouer avec ces clichés sur le mode ironique ? C’était une possibilité mais ça n’est pas celle du tout suivie par le réalisateur malheureusement, sérieux et 1er degré jusqu’à la scène finale. Il était aussi possible de jouer avec le décor fabuleux qu’offrait la mégapole de Tokyo mais elle se résume ici à un loft, un shooting devant des gratte-ciel et une scène dans le métro (tournage très majoritairement en studio, on le devine, histoire de faire des économies, et parfois ça se voit…). Quant aux interprètes, ils/elles sont au mieux médiocres, essayant de nous faire sursauter car une ombre ou une main apparaissent mais là, désolé, c’est plus un sourire que j’ai esquissé qu’un rictus de frayeur ! OK, ça se regarde mais de là à trouver ça intéressant...Pourtant, le thème du poids de la culpabilité était un bon point de départ. Il aurait fallu plus de talent et de finesse pour le traiter.