28 ans après "Les 3 jours du condor" (et que j'ai revu hier pour la deuxième fois), Tony Scott manie un film moyen bombardé d'invraisemblances et dans lequel la qualité scénaristique n'a pas l'égal de son prédécesseur. Improbable certes, mais qui décrit bien les rouages internes et externes dans lesquelles la CIA est impliquée : "Spy game" ou comment un vieux renard de la CIA, pris au piège par son directeur, va essayer de sauver son ex-partenaire d'une mort certaine... . N'alliant ni le perfectionnisme de "Mensonges d'état" (avec DiCaprio), ni la qualité du script (par rapport aux "3 jours..."), Tony Scott dégaine son arme favorite et fait coup double avec son style nerveux tape-à-l'oeil et son montage frénétique. A cela, il ajoute d'ingénieux flashbacks mais dont l'idée s'essouffle rapidement. Dans le jeu des acteurs, le jeune loup Brad Pitt reste toujours un cran derrière : il reste effacé pendant tout le film. Même la musique de Harry Gregson-Williams est lourde, bancale, électriquement mauvaise, et de plus, insupportable. Bien étrange de la part du compositeur de "Rock", "Man on fire" et "Seraphim falls" (western brosnanien). Ce qui reste à sauver de "Spy game" ? Une interprétation parfaite de Redford dans son rôle du vieux briscard et qu'il reprend dans la veine des "3 jours...". Ici, Redford est monté en grade alors que dans les 70's, il était un agent infiltré. Un rôle en plus donc, pour le grand Robert qui s'en sort une fois encore. L'autre point à ne pas laisser tomber, c'est le suspense qui est mené tambour battant mais qui a l'art de s'essouffler par moment. Suspense néanmoins dosé et appliqué par un petit maître en la matière : Tony Scott. Pour conclure, "Spy game" est bien un film pop corn où l'intérêt principal réside dans un suspense alambiqué confié à un Redford toujours en pleine forme. Pour les inconditionnels du regretté Tony Scott. A noter : on pourra remarquer un court instant la charmante Charlotte Rampling ("Les damnés" (de Visconti bien sûr !!), "Portier de nuit" (avec Bogarde)) qui se glisse dans la peau d'une conspiratrice.