Un paysage en pleine campagne reculée, une maison isolée, voici les ingrédients d'un film d'horreur qui se concentre sur une intimité. Le cinéaste Daniel Kokotajlo se focalise à nouveau sur une cellule familiale cassée. Le film débute et progresse comme une chronique, sème les graines de son ambiguïté, puis digresse de plus en plus pour surprendre. Starve Acre est un film qui utilise son apparente simplicité, son rythme parfois lent car énigmatique, et tout élément rustique de l'environnement / du décor, pour concorder à la hantise que provoque le deuil sur les personnages. Une sorte de paralysie, ou la maison serait un tombeau. L'archéologie et le soin des détails du décor présent dans le film, bon de paires avec cette idée que le genre horrifique sert ici à sonder ce qu'il y a de plus vicieux et bizarre dans l'âme humaine. Le cinéaste utilise le folk horror sans trop appuyer, pour que ce soit plutôt une atmosphère pesante. Le film est parfois même une méditation, une invocation, sur les différentes manières de gérer le deuil. Il y a pas faux même quelques visions de la nature renvoyant à une décomposition de la chair. Le film est peut-être parfois un peu trop sage, aurait mérité davantage de risques de folie et de méchanceté. Jusqu'à même se reposer un peu trop souvent sur la musique, avec des sonorités trop évidentes pour le genre horrifique. Cela dit, Matt Smith fait beaucoup penser à Ralph Bates, pour les amateurs(rice)s des films de la Hammer.