Ce n'est que le 3e film de Kim Ki-duk que je vois, et je suis plutôt déçu. Je m'attendais à quelque chose de poétique par le biais de ce paysage, où de petites cabanes flottent sur l'eau pour passer des journées à pêcher. J'aime bien cette langueur en conséquence d'un certain mutisme, puis l'opposition faite entre de l'érotisme et de la violence. J'aime moins ce côté performatif, où les personnages sont tellement mystérieux (ceci n'est pas un souci en soi) que le film en est résolu à dépendre que de ses métaphores (narratives et visuelles). A tel point que l'autodestruction, amenée par le mélange de violence et de romantisme, ne peut qu'alimenter une répétition des formes et des éléments narratifs. L'énergie mise dans le thriller finit par prendre le pas sur celle de personnages essayant de construire un refuge à partir de leur solitude. C'est quelque chose qui flotte tout le long du film, comme un endroit où les personnages pourraient se soustraire au monde. Le film cherche même à explorer ce que signifie de s'isoler dans ces cabanes tout en étant aussi exposés au regard des autres, par des visuels hypnotiques et renvoyant à des abysses. Mais ça n'a pas trop fonctionné sur moi, à partir du moment où les autres cabanons sont voués à rester dans la distance des événements.