Au premier abord, il peut paraître incongru de voir Sylvester Stallone réaliser la suite de "Saturday Night Fever". En fait, vu l'énorme succès du premier volet (237 millions de dollars de recette pour moins de 4 millions de budget !), une suite était tout naturellement envisagée avec John Travolta, mais il fallut plusieurs années pour concrétiser le projet. Travolta regarda ensuite "Rocky III", et se dit que son côté clipesque et son rythme conviendrait bien à "Staying Alive". Il demanda à son agent de négocier un réalisateur de cette trempe... et se retrouva à sa grande surprise avec Stallone lui-même !
Ce n'est pas si surprenant venant de Stallone, qui était pleinement ancré dans l'esthétique vidéoclip des années 80. Les passages les plus iconiques de "Rocky III" et "Rocky IV" n'étant pas les combats de boxe, mais les montages musicaux. En tout cas le réalisateur est tellement à l'aise qu'il se livre à un petit caméo dans la rue.
Bref, nous voilà quelques années après "Saturday Night Fever". Tony Manero a quitté Brooklyn pour Manhattan, où il tente de percer comme danseur professionnel. Il a perdu de son accent, ne boit plus, ne se drogue plus, ne jure plus. Il est donc davantage mature, comme il le clame... ou alors les scénaristes voulaient simplement un film tout public, plus commercial.
On suivra donc l'ascension de Tony... qui n'est guère passionnante. D'abord parce que Tony demeure un véritable enflure. Qui trompe allègrement sa gentille petite amie (Cynthia Rhodes), et reste odieux avec elle. Certains de ses pétages de câble égoïstes étant involontairement drôles. Quand ses tics de mec ultra toxique sont malaisants à voir aujourd'hui, des techniques de drague lourdingues aux crises de jalousie.
Ensuite car l'intrigue autour de ce spectacle de danse n'est pas folichonne, tournant uniquement autour de Tony et d'une autre danseuse, talentueuse et perfide. Le tout perfusé par une mise en scène ultra clipesque, qui ne fait pas dans la demi-mesure. Montage façon MTV, costumes improbables, musique incessante très commerciale façon 80's.
Je retiens tout de même l'important effort physique des comédiens, qui ont du apprendre de nombreuses chorégraphies. Et le numéro de danse final, qui faute d'être passionnant a appelé des moyens et des danseurs.