Still the water est un film de respiration. La respiration de la mise en scène d'abord, aérée, posée, faisant se succéder de longs plans contemplatifs et des scènes intimistes.
Respiration des personnages ensuite qui échappent tant qu'ils peuvent aux suffocations de l'angoisse - angoisse de mort, de séparation - par des tentatives de fuite ou d'isolement. Ou bien par ces moments, nombreux, où la parole, le dialogue - la chant éventuellement- prennent le relai, où la bienveillance entre proches permet de sortir d'une apnée mortifère.
Et respiration enfin de la nature, le rythme saccadé de la mer, celui du vent dans les arbres, d'une lumière dans un feuillage. Oui, ça respire ici à pleins poumons et ça fait du bien. Un grand bol d'air frais, à l'image d'une splendide scène finale où les deux adolescents, délestés de toutes entraves nagent nus dans une mer protectrice.
Un film tout en émotion retenue qui n'est pas sans rappeler dans son rythme et son approche psychologique des personnages le Oslo 31 aout de Joachim Trier.
Personnages/interprétation : 8/10
Mise en scène/réalisation : 8/10
Histoire/scénario : 6/10
7.5/10