Tourné entre Peppermint frappé et La Madriguera, Stress es tres, tres reprend la thématique du couple, à travers le triangle classique : le mari, la femme et l'ami, potentiel amant. Saura livre une intrigue linéaire, lors d'un déplacement en voiture, entre Madrid et Almeria, cependant symbolique du mode de vie de la bourgeoisie en période franquiste. Mais c'est bien la jalousie maladive d'un homme à qui tout réussit qui est traqué par le cinéaste, via son voyeurisme et sa paranoïa, laquelle culmine dans l'une des toutes dernières scènes du film. En l'absence de réel rupture de rythme, le film manque un peu de vista mais rejoint, par sa minutie et sa cruauté sous-jacente, les premiers longs-métrages de Polanski. Geraldine Chaplin, affublée d'une perruque blonde, n'a pas de mal à exister face aux deux machos typiques qui l'entourent.