Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, Karen est coincée dans un camp de réfugiés en Italie. Elle trouve son passeport pour en sortir : épouser un soldat local. Peu importe qu'elle ne l'aime pas et qu'elle comprenne à peine son dialecte, elle est trop heureuse de partir. Jusqu'à ce qu'elle ne découvre sa nouvelle demeure : l'île âpre de Stromboli.
Volcan en éruption permanente, terre aride, population locale à la fois sicilienne, insulaire et endurcie. Tout un programme !
L'originalité est que Karen, incarnée par la somptueuse Ingrid Bergman, n'a rien d'une oie blanche méprisée injustement par les locaux. C'est une femme vénale, imbue d'elle-même et de sa soi-disant caste bourgeoise, qui force son mari désormais pêcheur à travailler dur. Elle n'hésite pas à séduire pour arriver à ses fins, jusqu'à tenter de corrompre le curé local ! Elle n'est guère mieux moralement que les autochtones enfermés dans leur culte, leurs potins, leur austérité.
Forcément, cela rend la protagoniste antipathique. Aussi le film ne plaira pas à tout le monde. Jusqu'à un final pour le moins abrupt et sombre. Néanmoins, c'est du néoréalisme italien, ce n'est pas conçu pour être léger...
D'ailleurs question néoréalisme, Roberto Rossellini a réellement tourné à Stromboli. Employant les vrais pêcheurs locaux pour filmer leur méthode traditionnelle. Et ayant l'opportunité de tourner les images d'une vraie éruption. Je regrette cependant que l'image en noir et blanc ne rende pas justice aux jolies couleurs méditerranéennes et volcaniques.
A noter que si le film fit un flop aux USA à sa sortie, il généré pendant sa production un énorme tapage médiatique. Pour cause : c'est durant la production que Roberto Rossellini et Ingrid Bergman, bien que mariés, se mirent ostensiblement en couple. Ce qui permit toutefois à l'île de Stromboli d'acquérir une certaine renommée, au point qu'elle est, encore aujourd'hui, une destination touristique recherchée.