Studio 54
6.7
Studio 54

Documentaire de Matt Tyrnauer (2018)

Voir le film

Documentaire qui ne m’a pas passionné.

Ce documentaire nous raconte en un peu plus d’1h30, l’histoire d’une des discothèques les plus célèbres de Manhattan, le Studio 54. Une histoire courte (33 mois d’activité avant de fermer, entre 1977 et 1980). C’est d’abord l’histoire de deux anciens étudiants, Steve Rubell (exubérant et grande gueule) et Ian Schrager, plus introverti et discret (la vraie tête pensante du duo). Ils s’associent avec Jack Dushey chargé de la comptabilité pour ouvrir le Studio et en sont donc les trois co-propriétaires. Grâce à cette discothèque, le duo souhaite se faire remarquer et se faire surtout du pognon. Ils ne vont donc pas être regardant sur les méthodes. Certain(e)s journalistes sont payé(e)s pour rapporter des ragots crapoteux sur des habitué(e)s connu(e)s de la discothèque dans la presse. La réussite est fulgurante avec des stars dont le Studio 54 devient la 2e résidence comme Bianca et Mick Jagger, Liza Minnelli, Elizabeth Taylor, Andy Warhol, Diana Ross ou encore Michael Jackson (qu’on voit interviewé à la télé à côté de Rubell en lui tressant des louanges, « honnête », « ouvert »…). Cette boite de nuit est le symbole d’une époque hédoniste, entre la pilule et l’arrivée du SIDA, où tout semblait permis : sexe à outrance avec qui on voulait sans avoir à se justifier, toutes les drogues disponibles à foison…Il n'y avait qu'à demander à Rubell, il en avait toujours dans la poche pour les "bons clients". La fête semblait sans fin. En réalité, elle conduisait à une impasse. Derrières les paillettes et les strass se cachaient pas mal de saletés. Un rêve poudré de stupre.

Elle va s’achever brutalement, le retour à la réalité va être violent : Rubell et Schrager sont arrêtés pour détournement de fonds et détention de drogues, condamnés à trois ans et demi de prison (ils ont « oublié » de déclarer au fisc 2.5 à 3 millions de dollars…) malgré les 37 (!!!) avocats dont ils se sont entourés pour les défendre dont le fameux Roy Cohn, avocat des mafieux new-yorkais. Le Studio 54 est fermé, Rubell meurt du SIDA en 1989, c’est donc Schrager qui est aujourd’hui interviewé, continuant de jouer l’innocence sur la double comptabilité de la boîte qui leur a permis de s’enrichir monstrueusement, personne n’est responsable (« On ne s’est pas rendu compte », « On a été pris dans la tempête »…). Les deux sont libérés plus tôt après avoir balancé les noms de patrons fraudeurs d’autres boîtes de nuit new-yorkaises à la police…Dushey est lui aussi interviewé. La nostalgie d’une époque révolue est là, assez folle (l’avant-SIDA, une sexualité et une liberté débridées, la certitude de se sortir de tous les pièges pour Rubell et Schrager…). On voit même un homme refoulé à l'entrée, dépité, dire face caméra que si on lui explique les critères pour entrer, il est prêt à changer totalement d'apparence!

Mais ce documentaire se limite trop souvent à un défilé de stars dont Rubell voulait à tout prix être le pote, gérant les personnes qui pouvaient entrer ou pas dans sa boîte comme un autocrate et suscitant ainsi de sacrées haines : Jagger et Richards pouvaient entrer gratuitement, les autres membres des Stones devaient payer. Rubell refusait avec mépris les « banlieusards » (les personnes venues à Manhattan le samedi soir pour s’encanailler). Arrêté, tous ces soi-disant « ami(e)s vedettes » l’ont bien entendu proprement lâché. J’aurais aimé que ce documentaire s’attarde plus sur le contexte du New York violent et inégalitaire de la fin des seventies. L’implication de la mafia dans le Studio 54 est juste évoquée en passant alors que le père de Schrager était associé avec Meyer Lansky (le « Comptable de la mafia » après la 2nde guerre mondiale…). Beaucoup des employés du Studio (barmen, techniciens, artistes...) sont morts du SIDA dans les années 80. Schrager est devenu aujourd’hui un designer d’hôtels de luxe réputé dans le monde entier. Au final, cette histoire se limite à peu de choses, construite de façon attendue selon le mode « ascension-succès-chute-rédemption » : du sexe, de la drogue et du pognon, et tout cela en masse. Un film est sorti en 1998 sur le Studio 54 avec Mike Myers dans le rôle de Rubell. J’imagine ce qu’un Scorsese aurait pu faire d’une telle histoire avec un casting de choix, un lieu que le réalisateur de «New York, New York » a d’ailleurs fréquenté.

JOE-ROBERTS
4
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Documentaires vus en 2025

Créée

le 8 oct. 2025

Critique lue 11 fois

JOE-ROBERTS

Écrit par

Critique lue 11 fois

D'autres avis sur Studio 54

Studio 54

Studio 54

4

JOE-ROBERTS

2611 critiques

Documentaire qui ne m’a pas passionné.

Ce documentaire nous raconte en un peu plus d’1h30, l’histoire d’une des discothèques les plus célèbres de Manhattan, le Studio 54. Une histoire courte (33 mois d’activité avant de fermer, entre 1977...

le 8 oct. 2025

Du même critique

David Gilmour: Live at the Circus Maximus, Rome

David Gilmour: Live at the Circus Maximus, Rome

9

JOE-ROBERTS

2611 critiques

Superbe prestation romaine.

Gilmour n’a fait que quelques dates pour sa tournée 2024 et aucune en France. En Europe, il fallait se contenter de Londres ou Rome, dans le site antique prestigieux du Circus Maximus (Genesis et...

le 19 sept. 2025

Vol.II

Vol.II

6

JOE-ROBERTS

2611 critiques

Plutôt intéressant mais en aucun cas renversant.

J’ai été intrigué par ce duo québécois qui débarque chez nous (tournée française de plusieurs dates) avec ce Vol. 2. On devine le plan savamment orchestré à grands coups d’apparitions médiatiques à...

le 16 avr. 2026

Rainy Sunday Afternoon

Rainy Sunday Afternoon

7

JOE-ROBERTS

2611 critiques

Un dimanche après-midi pluvieux avec Neil Hannon ? Et pourquoi pas ?

Revoilà l’Irlandais Neil Hannon et son faux groupe de The Divine Comedy. Ses albums de ces dernières années ne m’ont pas entièrement convaincu mais cette cuvée 2025 est plutôt bonne. Forcément, les...

le 23 sept. 2025