Avant de revoir son (génial) pseudo-remake parodique, j'ai eu envie de voir à quoi ressemblait ce Reefer Madness original qui est devenu, bien malgré lui, culte.
Parce que ce film de pure propagande, destiné à faire de la prévention contre la marijuana, est tellement outré, moralisateur, caricatural qu'il est devenu, à la fin des années 60, un objet de plaisanterie. Reefer Madness (ou Tell Your Children, pour un de ses titres d'exploitation) est, d'une certaine manière, le père de tous les nanars: C'est sans doute le premier film à avoir été programmé, diffusé, visionné spécifiquement pour qu'on s'en moque.
Et force est de constater que les potheads et autres habitués des séances de minuit avait de quoi faire : La réalisation dépassé de Louis Gasnier (et je veux dire: dépassé déjà pour 1938, Gasnier étant un vétéran de l'époque du muet, et ça se voit) sert un message d'un puritanisme dégoulinant, clichetonneux, dont le didactisme du message pachydemique est livré par des acteurs qui en font des caisses, jouant tantôt les pères la morale coincés, tantôt les drogués roulant des yeux comme des possédés.
Le problème, à le regarder aujourd'hui, étant justement que, à moins d'être soi-même stone pour rire comme un perdu face à tant de bêtise, ou d'être aussi rétrograde que les guignols qui ont financé ce truc à l'époque, ça reste quand même plus naveteux que nanar...