"Stups" rappelle le célèbre reportage belge "La Cour des miracles", qui en 2011 dressait le portrait de la délinquance de Charleroi à travers le passage de petites frappes devant les tribunaux. Alice Odiot et Jean-Robert Viallet adoptent un processus similaire, documentant le jugement en comparution de divers criminels ayant trempé dans le trafic de stupéfiant à Marseille.
Une manière de montrer le faisceau des "professions" proposées par la filière : nourrice, guetteur, vendeur, gérant... Mais aussi leur avenir bouché, face à une justice dépeinte comme insensible devant leurs défenses ras-des-pâquerettes.
"Je ne sais rien", "j'ai oublié, "j'vous jure j'dis la vérité", "je le connais pas", "j'ai jamais vu de drogue"... des stratégies de défenses basiques de déni, complètement ébranlées par les preuves dont disposent à chaque fois le tribunal (écoute téléphonique, messages, vidéo). Un décalage assez amusant, il faut le dire.
C'est une manière de montrer comment le trafic gangrène Marseille et ses habitants victimes... pour lesquels une interdiction de séjour à Marseille est d'ailleurs suggérée, comme si la cité phocéenne était le trou noir du narcotrafic.
Il y a sans doute également une volonté politique, en montrant les peines dégainées et les propos moralisateurs des juges. Dont l'une d'entre elle qui pointe justement que l'argent facile rapporté au temps passé en prison revient à un taux horaire absolument minable.
Sur la forme, cela reste sage. La mise en scène est très sobre, focalisée sur les personnages (juge, procureur, suspect). Et l'image reste professionnelle, on n'est pas une émission TV.
A l'arrivée, il n'y a pas une folle originalité, mais des portrait humain, et la peinture d'une réalité qui ne s'arrange malheureusement pas.