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le 10 oct. 2014
SuivreVies.
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Il y a des fois où je ne sais pas trop pourquoi j'adore un film. Avec "Submarino", je sais clairement pourquoi : j'adore ces deux frangins et j'ai trop envie de les prendre dans mes bras pour leur faire un gros câlin. C'est physique, je n'y peux rien.
Pour arriver à créer une pulsion aussi forte, il faut quand même que les personnages soient bien écrits et surtout bien incarnés. Oui, bon, d'accord, Jakob Cedergren est super beau, ça doit jouer aussi. Cette affiche, nom d'un chien !
Contrairement à d'autres, je ne trouve pas que ce soit un drame tire-larmes. Les deux frères ne me donnent pas envie de pleurer, mais de les réconforter. Quant à un éventuel excès misérabiliste, il faudrait plutôt blâmer le roman dont le film est adapté. C'est une très bonne adaptation d'ailleurs et le roman est biennnnnnnn plus hard. Il s'inspire d'histoires réelles et d'un vrai quartier de Copenhague.
Comme le roman, le film suit d'abord Nick pendant 3/4 d'heure, puis l'abandonne brutalement pour suivre la vie de son petit frère et de son fils, avant une troisième partie où ils vont se retrouver.
Comme je l'ai dit plus haut, les deux frères à la dérive sont bien écrits et incarnés. Les deux acteurs sont admirables, sans oublier l'étonnant petit garçon qui joue Martin, le fils du frère cadet.
Je veux surtout parler d'un acteur que j'aime énormément, Jakob Cedergren. Comme dans "The Guilty" où je l'ai découvert, il déploie son incroyable présence physique, encore amplifiée par l'acquisition d'une musculature inhabituellement impressionnante (bien plus convaincante que celle de Norton dans "American History X") pour ce rôle. Figé dans un mal-être mutique, il promène sa silhouette massive de brute épaisse par les rues sales de Copenhague, entre le foyer miteux où il loge, la supérette où il s'approvisionne quotidiennement en alcool et en clopes et la salle de sport où il soulève des haltères. A part ça, il essaie de dormir sans y arriver, hanté par des souvenirs d'enfance cauchemardesques. Avec sa barbe et sa silhouette de videur de boîte de nuit, on dirait un ours blessé sous analgésiques. Ce qui ne l'empêche pas d'être en permanence au bord de l'explosion, ce qui l'a déjà conduit en prison. Le mec tient debout, mais par miracle. Il ne fait que survivre, anesthésié à coups d'alcool, sans aucune joie ni aucun espoir en vue.
Jakob Cedergren est impressionnant, réussissant à exprimer une souffrance à fleur de peau et une vulnérabilité sans un mot, juste par son regard et son langage corporel.
Peter Plaugborg, qui joue le frère cadet qui n'a pas de nom, est tout aussi impressionnant. Héroïnomane, il vit seul avec son petit garçon. Lui aussi est en mode survie, mais on sent cependant qu'il est plus fragile que Nick et que sa force de vie est beaucoup moins forte.
C'est grâce à ses deux acteurs poignants et d'une extrême justesse que le film laisse - éventuellement - une marque très forte sur le spectateur. C'est grâce à eux que le film échappe au misérabilisme et au pathos larmoyant. On ne peut qu'aimer ces deux frangins profondément gentils, ployant injustement sous le poids de la culpabilité maternelle.
C'est grâce à eux et au petit garçon qu'on trouve un peu de beauté dans cette histoire sordide au possible. J'avais ressenti un peu la même chose pour "Festen".
Les regards de Jakob Cedergren et du petit garçon vous transperceront le coeur. Mais le film ne verse jamais dans le pathos. La misère humaine est montrée de manière crue, à travers les visages et les corps filmés au plus près. On retrouve bien l'âpreté et la crudité du roman, même si le film ne va pas aussi loin.
Au fait, le titre fait référence à la technique de torture qui consiste à enfoncer longuement et à plusieurs reprises la tête d'une personne sous l'eau. Toujours envie de voir le film ?
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Créée
le 13 juin 2025
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