The Great Flood est un film qui divise, parfois même qui déroute profondément. Sa proposition est claire dès le départ : le déluge annoncé n’est pas tant un événement spectaculaire qu’un état intérieur, une lente montée de l’angoisse, de la perte de repères.
Disons-le tout de suite, le film possède de nombreuses lacunes.
A commencer par un récit fragmenté, elliptique, avec très peu d’informations explicites sur les personnages, leurs motivations ou même la chronologie exacte des événements. Le scénario privilégie l’ambiance au sens, ce qui est un choix artistique assumé, mais risqué. On observe, on ressent, mais on peine à comprendre un parcours ou une évolution claire.
Ensuite, les figures centrales du film existent surtout comme des présences plutôt que comme des personnages écrits .Leur passé, leurs relations, leurs conflits internes sont suggérés mais rarement construits. Résultat : le spectateur peut avoir du mal à s’attacher, non par manque d’empathie, mais par manque de matière narrative. Cette absence de caractérisation est souvent perçue comme une faiblesse d’écriture, même si elle s’inscrit dans une démarche qui pourra paraître logique lors du dénouement, mais bon...
Enfin, le film donne l’impression de stagner plutôt que d’avancer. Il n’y a pas de montée dramatique nette, pas de basculement clairement identifiable, et la tension repose davantage sur la répétition que sur l’évolution. Cela crée un sentiment de longueur, voire de vacuité. Le scénario semble circulaire, comme s’il refusait toute résolution (c'est logique aussi).
Et pourtant, j'ai aimé visionner The Great Flood. Le film impressionne d’abord par son dispositif visuel. L’eau, omniprésente, envahit les corps, les espaces, les silences. Certaines séquences marquent durablement par leur puissance sensorielle et le lien entre la mère et son fils reste touchant.
Ce n'est pas le film d'une vie, mais ça se laisse regarder.