Première critique (2008) (6/10) :
Luc Besson n'en était qu'à ses débuts et, pourtant, on reconnait déjà sa "patte". Si on peut être inquiet de la tournure prise rapidement "Subway", on finit par être séduit par l'univers qu'a réussi à créer le réalisateur : original, étonnant, avec un réel pouvoir de créativité. La dimension visuelle est notamment séduisante, avec un regard sur les "marginaux" bien différents de ce qu'on peut voir habituellement. Hélas, et comme souvent : l'ami Luc a oublié d'emmener son ordinateur pour écrire un scénario tant l'ensemble ressemble finalement à une suite de scènes certes plutôt réussies, mais manquant de corps. La musique, également très inégale, peut, toutefois, compter sur le désormais culte "It's Only Mystery". Bonne interprétation générale (Isabelle Adjani est magnifique à tout point de vue). Bref, si ce "Subway" aurait pu disposer d'une autre aura s'il avait eu un récit digne de ce nom, on peut assurément s'y essayer au moins une fois dans sa vie de cinéphile. Surprenant.
Seconde critique (2025) (5/10) :
Après revisionnage, je serais finalement moins indulgent. La faute, notamment, à un scénario pas loin d'être en roue libre et à un vrai questionnement quant à ce que cherche à exprimer Luc Besson (pour peu que ce soit le cas). Dommage, car il y a des idées, le bonhomme tente des trucs, parvient à créer un univers singulier, soigne ses décors (Alexandre Trauner à la manœuvre, quand même), mais rencontre beaucoup plus de difficultés dans l'écriture des personnages, laissant presque Isabelle Adjani et Christophe Lambert livrés à eux-mêmes, à l'image de ce repas d'affaires se voulant un summum d'anarchie provoquant surtout l'embarras. Dommage, car quelques seconds rôles inattendus sont réussis (le duo Michel Galabru - Jean-Pierre Bacri, irrésistible) et la chanson « It's Only Mystery » pas loin d'être devenue mythique. Du bon et du beaucoup moins bon, donc : du pur Besson, témoignant d'un réel talent dans certains domaines, mais trop immature dans le scénario et l'écriture en général pour signer un bon film.