Une guitare électrique qui crache. Une batterie qui claque. Un saxo qui pleure.
Subway, c'est avant tout une ambiance. Des gueules. Des personnages singuliers.
J'ai adoré ce film quand j'étais jeune. Il a certes un peu vieilli mais la musique d'Eric Serra est toujours aussi planante et percutante.
Dans ce monde souterrain, Fred (Christophe Lambert), un amateur de coffres à faire sauter, est amoureux d'Héléna, une bourgeoise rebelle magnifiquement incarnée par Isabelle Adjani. Il a volé des documents compromettants à son mari. Il est poursuivi par les hommes de main de ce dernier qui veulent l'éliminer.
Un cleptomane en rollers arpente les tunnels (Jean-Hugues Anglade). Un batteur déambule en rythme avec ses baguettes (Jean Reno). Un commissaire ronchon (truculent Michel Galabru) assisté de ses deux séides, Batman (Jean-Pierre Bacri déjà impayable) et Robin, tente de mettre fin aux larcins souterrains. Un fleuriste roublard, Richard Borhinger dans ses œuvres, traficote au milieu de tout ce beau monde. Bien d'autre personnages singuliers gravitent autour de ce drame urbain.
Luc Besson met en musique ce casting de rêve dans une symphonie déjantée. Le scénario n'a que peu d'importance. Seules les interactions entre ces personnages loufoques donnent du sens à cette œuvre inclassable. Orné d'une BO dont je ne me lasse pas depuis toutes ces années, ce film est un petit joyau pur jus des années 80.
La scène finale me procure un plaisir dingue : Guns don't kill people.
Une guitare électrique qui crache. Une batterie qui claque. Une voix qui ensorcelle.
Ce film est une question de feeling. It's only mystery.