3
895 critiques
Show must go home
Le grand bouleversement qui a terrassé l'industrie du divertissement, au cours de ces 30 dernières années, tient en deux points. La fin d'une certaine possibilité d'émerveillement serait presque...
le 3 août 2016
Bienvenue dans Suicid Squat, la version sous stéroïdes de Suicide Squad, sauf qu’ici on ne sauve pas le monde : on s’inscrit à Basic Fit avec la subtilité d’un rhinocéros en roller. Warner Bros a dû confondre « film de super-vilains » avec « pub mal tournée pour un club de fitness discount ». Imagine une bande de cinglés vaguement menaçants mais surtout incroyablement débiles, coincés dans une salle de muscu avec des haltères trop lourdes pour leur QI collectif : voilà Suicid Squat.
Le gouvernement n’a plus d’idées : après avoir cramé tous ses super-héros, il décide de recruter des psychopathes bodybuildés pour défendre la patrie. Mais au lieu de les envoyer en mission, on les parque dans une salle de sport en banlieue, avec abonnement annuel, distributeur de protéines périmées et coach de Zumba possédé par un démon aztèque. Amanda Waller, la grande cheffe, leur balance :
« Vous êtes tous cons comme des haltères, mais au moins vous avez des biceps. Alors hop, squattez ! »
Will Smith n’est plus Deadshot mais Deadliftshot, le mec qui croit qu’un curl biceps peut tuer un ennemi à 100 mètres. Il passe tout le film à expliquer à Harley Quinn la différence entre un squat sumo et un squat gobelet, tout en pleurant parce qu’il n’arrive pas à dépasser les 90 kilos à la presse. Son super-pouvoir ? Tirer des haltères avec une précision chirurgicale, ce qui est aussi inutile que dangereux.
Margot Robbie devient Harley Queen des Abdos. Elle n’a pas besoin d’armes : son rire aigu est déjà une séance de cardio à lui seul. On la voit surtout se filmer en selfie pendant ses crunchs, en se demandant pourquoi Joker n’est jamais là pour tenir ses chevilles. Son arme préférée : une batte de baseball transformée en barre de fitness rose fluo avec des poids en forme de cœurs. Quand elle s’énerve, elle mord carrément dans les haltères, persuadée que c’est du chewing-gum.
Le type est censé être australien et dangereux. Ici, il est juste bourré de Red Bull et de bière tiède, et son seul pouvoir est de lancer des élastiques Decathlon qu’il a confondus avec des boomerangs. Quand il tente un mouvement de crossfit, il s’éclate la rotule et passe tout le film assis sur un stepper à insulter ses coéquipiers. Même Amanda Waller se demande pourquoi elle l’a embauché : « On avait besoin d’un figurant alcoolisé ? »
Dans le film, c’était une créature aquatique vaguement menaçante. Dans Suicid Squat, c’est juste un mec avec une peau mal hydratée et une obsession malsaine pour la piscine municipale. Il ne fait que de la nage papillon entre deux bancs de développé couché. Son rêve ? Remplacer le chlore de la piscine par du Monster Energy. Ses dialogues se résument à des grognements incompréhensibles, qu’on devine être des demandes de serviette.
Le type enflammé, littéralement. Mais pas en mode badass : il déclenche juste l’alarme incendie chaque fois qu’il tente un jumping jack. Les pompiers sont obligés d’intervenir toutes les dix minutes. Au lieu de tuer des ennemis, il anime des cours collectifs avec musique latino et hurle « ¡Calienta, calienta! » pendant que Deadliftshot transpire comme un bœuf. Sa plus grande tragédie : il ne peut pas toucher les machines en plastique sans les faire fondre.
Alors là, c’est la cerise moisie sur le shaker protéiné. L’Enchanteresse se transforme en influenceuse Instagram de fitness dès qu’elle bouge les hanches. Son plan maléfique ? Remplacer toutes les salles de sport de la planète par des cours de step éternels. Son frère géant, un mix entre un démon antique et un haltère géant, débarque pour leur proposer un abonnement « illimité sauna + tapis de course ».
Le problème, c’est que Suicid Squat oublie d’avoir un scénario. Les personnages passent 80 % du temps à se disputer pour savoir qui a volé la dernière protéine goût cookie. Deadliftshot reproche à Harley de faire du bruit avec ses squats, Boomerang jette des haltères contre les murs, et Killer Croc tente de transformer le jacuzzi en marécage personnel. Quant à Amanda Waller, elle gère l’équipe comme une gérante de salle low-cost :
« Si vous ne faites pas vos séries, je coupe vos cartes d’accès ! »
Deadliftshot : « Je ne rate jamais ma cible… sauf quand c’est une série de 12 répétitions. »
Harley : « J’ai un diplôme en cardio-psychopathie ! »
Croc Gym : « Grrhh… serviette… grrhh… sauna… »
Boomerang : « J’ai trouvé une cannette par terre, c’est mon nouveau boomerang ! »
Chaque ligne est plus absurde que la précédente, mais au moins ça fait rire… de pitié.
La confrontation ultime ne se passe pas dans une ville détruite mais dans… la salle de sport. L’Enchanteresse lance un cours de Zumba satanique avec fumigènes, tandis que son frère haltère géant fait des squats bulgares en arrière-plan. Les super-vilains tentent de suivre la chorégraphie, mais Boomerang s’écroule après trois pas, Deadliftshot rate tous ses mouvements et Harley décide de danser le Madison en freestyle. Finalement, El Diablo crame le sol et tout le monde finit à l’hôpital avec des claquages.
Suicid Squat est à la musculation ce que Suicide Squad est au cinéma : un accident industriel qu’on regarde avec un mélange de honte et de fascination. Personne ne comprend ce qu’il se passe, mais tout le monde ressort avec des courbatures au cerveau. Si tu veux voir des super-vilains débiles soulever de la fonte inutilement et se disputer comme des ados en cours de sport, c’est parfait. Sinon, regarde des vidéos de fitness sur YouTube : c’est mieux filmé, mieux monté, et surtout plus vendeur. Surtout si Tibo InShape essaie de te refourguer sa camelote.
Note finale : 0 haltères sur 20.
Parce que même la barre n’a pas été soulevée.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films avec Will Smith, Les meilleurs films avec des clowns méchants, Les meilleurs films DC Comics, Les sorties majeures de 2016 et 2016 - Films - Kelemvor. Juste histoire de montrer à Epice qu'il n'y a pas que lui pour enquiquiner son monde avec des titres à rallonge
Créée
le 25 sept. 2025
Critique lue 55 fois
3
895 critiques
Le grand bouleversement qui a terrassé l'industrie du divertissement, au cours de ces 30 dernières années, tient en deux points. La fin d'une certaine possibilité d'émerveillement serait presque...
le 3 août 2016
3
514 critiques
« Fuck Marvel » criait David Ayer durant la vaste promotion de Suicide Squad. Ironiquement, c’est à se demander si le réalisateur a réellement vu la gueule de son film. On a beau vouloir...
le 4 août 2016
6
1490 critiques
Pendant les deux tiers de ce Suicide Squad, on se surprend à penser que, l'un dans l'autre, DC donne l'impression de tenir pas trop mal la barre de son univers partagé et propose un spectacle, même...
le 3 août 2016
4
775 critiques
Qu'on se le dise, Man of Steel était une vraie purge. L'enfant gibbeux et perclus du blockbuster hollywoodien des années 2000 qui sacrifie l'inventivité, la narrativité et la verve épique sur l'autel...
le 25 mars 2016
4
775 critiques
Michael Jackson n’a jamais été un simple chanteur. Il a déplacé les lignes de la pop jusqu’à en redessiner la cartographie entière, hybridant le rhythm and blues, le funk et la variété mondiale dans...
le 22 avr. 2026
7
775 critiques
La lumière, ici, ne naît plus. Elle couve. Elle ronge. Elle persiste comme une braise obstinée sous la cendre d’un monde que l’on croyait sauvé. Avatar : De feu et de cendres ne s’ouvre pas comme un...
le 17 déc. 2025
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème