Il fallait bien prévoir que, derrière leur écran de contrôle, certains se déchaînent sur le dernier Clint Eastwood pour lui faire payer son engagement pro-Trump. Mais si on essaie de rester neutre, on ne peut qu'apprécier l'efficacité et la sobriété qui sont la marque de fabrique d'Eastwood. La narration est si bien menée que j'ai même cru vers le milieu du film que le pilote allait être mis à l'écart pour faute grave.
Et en extrapolant à notre pays constructeur d'Airbus on peut s'interroger sur ce qui se serait passé chez nous en pareil cas.
Sachant que Procédures et Analyses d'Incident sont les deux gamelles où se nourrit l'Administration, imaginons toutes les manipulations d'opinion que l'on aurait pu entendre: «Le pilote chevronné, pris d'un coup de folie se jette dans la Seine» «Le pilote suicidaire était en proie à de nombreux problèmes personnels» et pour conclure le définitif et pseudo-scientifique: «Les simulations des experts de Toulouse sont formelles: le pilote aurait dû poursuivre sa route jusqu à l'aéroport le plus proche»Et le malheureux pilote aurait eu droit à un séjour au "château", une maison de repos pour pilotes surmenés. Car nous ne tenons pas plus en compte le facteur humain que les Américains, je dirai même au contraire dans certains cas où les intérêts pécuniaires sont en jeu.
Pour en revenir au film le cahier des charges de tout film de Clint Eastwood est rempli:
- Un (anti)-héros parfaitement interprété par Tom Hanks (le sang-froid Sully sur son visage)
- De nombreux méchants: les experts des assurances et de la compagnie
- La victoire finale du bon sur les méchants.
En résumé un film qui ne dépare pas dans la filmographie de Clint Eastwood qui continue de voler à haute altitude en dépit de son âge.