Le film ressemble beaucoup à "l'affaire Richard Jewell" de Clint Eastwood, encore, (qui est sorti plus tard mais que j'ai vu plus tôt). Un héros américain qui se voit mis sous pression par sa (la) hiérarchie, on doute de sa valeur, etc. Mais dans ce cas, ledit héros a très peu d'agentivité sur son sort et tout (ou presque) est remis à la procédure. Alors que pour R. Jewell sa participation à l'affaire devient le point pivot.
Et c'est là que se trouve le brio du film: plutôt que de jouer avec le résultat qui dépend à peine de lui, il (le film) se penche sur le peu de matière qu'il a en sa possession, c'est-à-dire le doute du personnage principal, Sully. Les flashbacks qui en découlent n'en sont pas vraiment, il s'agit plutôt du souvenir vérolé de doute qu'a Sully. On comprend l'espace de possibilité et on ne sait pas tout à fait où se trouve la vérité. Ce jeu est alors l'enjeu du film.
Bref, on peut voir ce dyptique (R. Jewell et Sully) comme deux variations sur le même thème. Sans doute aurait-il été possible de les mélanger, d'utiliser les forces des deux sur un seul sujet mais puisqu'il s'agit d'être historiquement correct, je suppose qu'il a fallu se limiter.