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Solar Crisis.
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le 24 mars 2015
Je suis tombé sur ce film par hasard à l'époque de sa sortie en salle.
Pas d’attente.
Pas de recommandation.
Et puis le choc.
Pas celui d’un scénario brillant, pas celui d’un twist, quelque chose de plus simple et de beaucoup plus rare.
Le soleil.
Je ne pensais pas qu’on pouvait filmer le soleil comme ça.
Pas comme un décor, ni comme une donnée scientifique, ou une simple source de lumière.
Comme une présence.
Dans Sunshine, le soleil n’est pas là pour éclairer, il est là pour imposer quelque chose.
Il y a des moments où les personnages s’exposent à lui.
Quelques secondes.
Toujours un peu trop.
La lumière envahit tout.
Les visages disparaissent.
Le monde se dissout.
Et à chaque fois, la même sensation :
il ne faudrait pas regarder.
Et pourtant…on reste.
Et puis il y a cette scène.
Sur le pont du vaisseau, un homme seul, face au soleil.
Pas de dialogue.
Pas d’explication.
Juste une silhouette.
Et cette lumière.
Le visage disparaît presque.
Le corps lui-même semble hésiter à exister.
Ce n’est plus vraiment un personnage.
C’est quelqu’un qui regarde quelque chose
qu’il ne devrait pas pouvoir regarder.
Et là, le film bascule.
Au début, tout était simple.
Une mission.
Des scientifiques.
Des calculs.
Un problème, une solution.
Et puis ça glisse.
Pas d’un coup.
Progressivement.
Le soleil cesse d’être un objectif.
Il devient une attraction.
Puis une obsession.
Et enfin… autre chose.
C’est là que le film a été injustement décrié.
On lui a reproché son virage.
Son excès.
Son côté “délire”.
Mais pour moi, c’est précisément à cet endroit qu’il devient juste.
Parce que face à quelque chose comme le soleil, la science ne suffit pas.
Elle explique.
Mais elle ne protège pas.
Il reste toujours une part qui échappe.
Une part qu’on ne maîtrise pas.
Une part… sacrée.
On vit dans un monde où tout est aplati.
Mesuré.
Quantifié.
Expliqué.
Sunshine fait un pas de côté.
Il ose redonner du vertige à quelque chose qu’on croit connaître.
Les séquences contemplatives sont magnifiques.
Mais ce ne sont pas juste de belles images.
Elles sont presque dangereuses.
Et juste après, le film te rappelle brutalement ce que tu regardes.
Des séquences d’action sèches.
Violentes.
Terrifiantes.
Comme un choc.
Parce que le soleil n’est pas seulement beau.
Il est indifférent.
Et mortel.
Ce qui me fascine le plus dans ce film, c’est qu’il ne choisit pas.
Il ne choisit pas entre science et mystique.
Il les superpose.
D’un côté :
des hommes qui calculent.
De l’autre :
des hommes qui vacillent.
Et entre les deux, une lumière qu’ils ne peuvent pas soutenir.
Je ne me lasse pas de revoir Sunshine.
Pas par habitude.
Pas par confort.
Parce qu’il y a dans ce film quelque chose qui ne s’épuise pas.
Une atmosphère.
Une tension.
Une présence.
Un film qu’on connaît…et qui pourtant continue de nous échapper.
Un film qu’on peut revoir encore et encore,
avec la même délectation.
Parce qu’il ne se contente pas de raconter.
Il habite.
Bilan :
Je pensais voir un film de science-fiction solide.
Je me suis retrouvé face à quelque chose de beaucoup plus rare.
Sunshine n’est pas un film sur le soleil.
C’est un film sur ce qui arrive
quand on s’en approche trop.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes De bien belles affiches, , Les meilleurs films de science-fiction dans l'espace, Les plus belles claques esthétiques et Les meilleurs films de vampires
Créée
le 12 mars 2011
Modifiée
le 26 mars 2026
Critique lue 528 fois
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