Ce film ? Jamais entendu parler. Bastien Milheau ? C’est qui celui-là encore ? Pierre Gommé et Nina Poletto … inconnus au bataillon. Il y a des fois, il suffit de se laisser porter par la poésie induite par un titre à l’évocation prometteuse.
Cambrousse paumée dans le Gers. Janus et Sam sont deux lycéens qui s’emmerdent salement. Dans le coin, tout le monde connaît un type mort de l’alcool, question de tradition. Question de marché aussi. Janus et Sam vont découvrir un alambic. Et c’est parti mon kiki.
Franchement, j’étais pas prêt pour une comédie si … fraîche ! Ça commence comme on s’y attend, de l’humour un peu lourdaud. Mais très vite, on est quelque part entre les Beaux Gosses de Riad Sattouf, le Juno Jason Reitman, le Microbe et Gasoil de Gondry, la comédie concon américaine type et le premier téléfilm venu sur France 3. Alors pêle-mêle, voilà pourquoi ça marche. D’abord, ça sent le local, pas la couleur locale, pas la comédie écrite à Paris pour être tournée ailleurs au gré des subventions. Et ça change quoi ? La sincérité et l’expérience. L’autodérision est souvent la forme d’humour la plus féroce et la plus juste. Et souvent la plus drôle. Alors oui, ça se fout méchamment de la gueule du plouc local … mais avec beaucoup de tendresse. Et pour vivre dans un environnement similaire par certains côtés, il y a là une dose de réalisme. Ensuite, c’est pas vraiment un film dans l’air du temps. On s’attend à tout moment à un retour de la morale sur l’hygiène de vie du XXIème siècle, mais non. Le film assume et c’est ça qui est bon. On continue avec un scénario qui parvient à surprendre régulièrement, même quand on voit les fils blancs, y compris quand l’émotion point le bout de son nez rougeot. Et puis il y a ces dialogues qui claquent, qui visent juste. Et il faut dire qu’ils ont formidablement amenés par une interprétation idoine. On aimera en particulier nos deux losers de héros, la jeune Sam en tête. Elle est proprement formidable de drôlerie. Moscato est une découverte. Seule Barbara Schulz semble ne pas être en phase. En même temps, son personnage de championne de la lutte anti-éthylique ne l’est pas non plus. Enfin, la mise en scène manie très bien le rythme syncopé et le montage en contraste.
Donc ? On tient là une comédie assez rare en vérité. L’équivalent français de la comédie concon américaine. Ce n’est pas rien quand on sait que ce genre est typiquement amerloque et généralement peu assumé dans nos contrées. Alors pour sûr, le propos fera grincer quelques dents. Mais c’est aussi pour ça que c’est bon. Moi, j’applaudis !
>>> La scène qu’on retiendra ? La rencontre avec les gendarmes sur la route à trois grammes. Mon Dieu que c’est con !