Un terroriste a posé une bombe dans un Shinkansen, réclamant une rançon. Si le train à grande vitesse passe sous les 80 km/h, il sautera avec ses 1500 passagers. Les autorités tenteront d'identifier le criminel, et de gérer le train et ses multiples péripéties.
Vu d'aujourd'hui, le film fait évidemment penser à "Speed" qui sortira 20 ans plus tard aux USA. Certains sites sur le net considèrent même "Speed" comme un remake ! Pour autant, le scénariste Graham Yost a toujours nié cette influence, expliquant qu'il avait plutôt été inspiré par "Runaway Train".
En tout cas, à l'époque les Japonais n'avaient pas pour ambition de livrer un thriller haletant. Ils voulaient faire un film catastrophe dans l'esprit des succès américains de l'époque. Et je dirai que le pari est semi-réussi.
"Shinkansen Daibakuha" a le mérite de proposer un scénario plus profond qu'un simple film catastrophe. Le méchant est très humain, loin de la caricature. Et l'ensemble est avant tout dramatique. Evoquant la caractérisation des comploteurs, et la crise au Japon qui les a conduit à poser cette bombe.
Pourquoi pas, sauf que sur 2h30 c'est clairement trop luxueux. Des répétitions, des flashbacks inutiles, des scènes longuettes... Le film ne nous scotche pas vraiment au fauteuil. Il faut dire que les passages à bord du train sont finalement rares, et ont tendance à régulièrement montrer des passagers hystériques sans intérêt. A part le chef de locomotive incarné par Sonny Chiba.
Mais quand ça parle de train, ça fonctionne. L'évocation en détails de mécanismes du Shinkansen (freinages automatique, contrôle de la circulation...) permet d'amener plusieurs rebondissements et autres dangers. Tandis que l'idée de considérer un train pour le suspense est très bonne, entre les défaillances possibles et l'inévitable longueur de rails limitée, qui amène un compte à rebours.
Je souligne également la qualité des maquettes, sympathiques. Et la BO typiquement 70's qui ressemble étonnement à du Ennio Morricone (!).
Mais sachez que vous aurez plus affaire ici à un drame qu'à un film d'action.