Notes sur le film : Super Fly a deux qualités, dont la première est de donner à voir le New York du début des années 70 dans son jus. Loin des rues proprettes et emblématiques que l’on peut voir par exemple chez Woody Allen – exemplairement Manhattan (1979) -, le cinéaste, Gordon Parks Jr., pose sa caméra dans les recoins mal famées de la ville, en en filmant son versant anti-spectaculaire, à la manière de Macadam Cow-boy (1969) ou de Panique à Needle Park (1971). On s’en aperçoit en particulier dans les scènes diurnes, alors que les quelques séquences nocturnes sont éclairées à la bougie, mais pas comme chez Stanley Kubrick – ici, c’est tout bonnement indéchiffrable, probablement aussi à cause de la vieillesse de la copie d’un film non restauré.
Sa deuxième plus grande qualité est la bande-son, de Curtis Mayfield, qui est réellement géniale, et amène toute la « coolitude » que Super Fly tente de créer via son personnage principal, un petit gangster « badass » et haut en couleur. Mais à cause d’une mise en scène, d’acteurs et de dialogues qui suent l’amateurisme, ce film de la blaxploitation est en somme insignifiant.