Je suis fan de Napoleon Dynamite. J'avais déjà vu Nacho Libre il y a quelques années. Je l'avais trouvé moyen. Je le revois et mon opinion change légèrement. En hausse. Je n'ai pas encore vu Gentlemen Bronco ni la série Napoleon Dynamite.
Nacho Libre souffre d'un mauvais départ. le ton est très étrange. Peut être faut il le revoir beaucoup de fois pour enfin succomber au charme d'un tel humour. Mais il m'a semblé, et ce constat était déjà établi lors de ma première vision, et n'a donc pas changé depuis, que la première moitié de l'histoire souffre d'une mise en scène trop distante qui fait souvent défaut aux gags. On imagine bien comment Wes Anderson aurait filmé ce début d'histoire (plus de mouvements de fou, plus de dialogues bizarres), tandis que Jared peine à rendre justice à son humour. Il s'autosabote. On ne rit pas beaucoup, mais on s'imagine qu'on aurait pu rire beaucoup plus avec une mise en scène plus dynamique, plus dépendante du scénario. C'est comme si le scénario et la réalisation avaient été travaillés par deux personnes différentes qui ne se sont pas consultés.
La deuxième moitié est en revanche beaucoup plus pertinente. Nacho Libre semble se construire sur la longueur. Si les 40 première sminutes se répètent, c'est dans la dernière demi heure qu'il faut chercher la pertinence de cette répétition. Car ce que Jared a fait, on ne le fait plus depuis longtemps, ou alors ça ne se retrouve que dans des dessins animés : il a créé un héros à partir de rien. La fin du dernier combat n'est certainement pas cohérente, mais c'est tellement évident, c'est tellement voulu, que ça en devient fulguramment beau. Ca m'a rappelé tous ces dessins animés que je regardais pendant les vacances quand j'étais petit, au club dorothée : un héros en difficulté à qui l'on donne une dernière chance et qui, miraculeusement, trouve sa voie et gagne. Ce n'est sans doute pas pour rien si l'auteur fait énormément de rapprochement avec la religion. C'est vraiment de miracle dont le film parle. Mais pas le miracle théologique, le miracle cinématographique. La religion est la pour renforcer l'idée que certaines choses nous dépassent, comme si Dieu, au final, ne trouverait jamais meillleure maison que dans cette boite noire ou cette grande toile jaune.
Cette seconde moitié donc, pour être un peu plus technique et moins interprétatif, nous offre un développement plus riche de l'intrigue. Les personnages se bougent, les choses se passent, le drame peut prendre de l'importance, et la réussite finale amène une lumière généreuse. Mieux, la mise en scène est également plus efficace, la caméra étant nettement plus au service du scénario (un découpage plus dynamique).
Bref, Nacho Libre commence (très) mal, mais si vous faites l'effort de rester jusqu'au bout, vous verrez qu'à la moitié du film, Jared Hess semble se réveiller et amene une conclusion redoutable.