Voir Jack Black en collants sur un ring, c'est un peu comme imaginer Nicolas Hulot président de la République : l'idée paraît hilarante, mais en fait ça perd très vite de son charme...
Un cuisinier de monastère qui, une fois la nuit tombée, monte sur le ring pour pratiquer la lucha libre (traduisez lutte libre ou catch mexicain, dans lequel tous les coups sont permis). L'idée est tellement insolite qu'elle ne peut évidemment être tirée que d'une histoire vraie. A la seule lecture du pitch, on sait que l'on va avoir droit à un film un tant soit peu décalé. Le choix de Jack Blake pour incarner ce héros pas comme les autres s'annonce prometteur, tant l'acteur a prouvé qu'il pouvait titiller les zygomatiques, notamment dans Rock Academy.
Malheureusement, avoir les bons ingrédients et la recette adéquate ne donnent pas l'assurance d'un film réussi. Là où on espère les délires les plus inattendus et les rebondissements les plus incroyables, on doit se contenter d'une histoire somme toute convenue et de situations comiques manquant d'originalité, que même Jack Black ne peut sauver. A l'heure où l'humour acide (Dikkenek, Borat) fait des ravages, Super Nacho paraît bien palot avec son héros bedonnant en collants.
En attend un happy end inévitable, le spectateur doit subir tout un lot de gags prévisibles et une bluette niaiseuse. Seules les très réjouissantes acrobaties se déroulant sur le ring (pour finir parfois en dehors) apportent la folie nécessaire à toute comédie. Mais les musiques irritantes, l'accent ringard pris par Jack Black, la coupe de cheveux très seventies d'Esqueleto et la frigidité frustrante de Soeur Encarnacion gâchent tout le plaisir.
La déception est d'autant plus grande que Jack Black possède indéniablement un potentiel comique immense, mal exploité ici. Vivement Tenacious D in The Pick of Destiny (histoire de la genèse du groupe déjanté de Jack Black)...