Supercapitalist (2012) de Simon Yin avait tout, sur le papier, pour éveiller la curiosité : un thriller financier, un contexte international, une promesse de tension dramatique... Pourtant, très vite, le film sombre dans une médiocrité accablante, révélant ses limites à chaque scène. Avec une immense déception, je ne peux lui attribuer qu’un maigre 2/10.
Il est clair que Supercapitalist veut jouer dans la cour des grands. Mais prétendre à la complexité ne suffit pas : encore faut-il en avoir la maîtrise. Ici, on se perd dans un scénario brouillon, où la finance est réduite à un jargon creux et des conflits sans envergure. L’intrigue ressemble davantage à une mauvaise conférence TED qu’à un récit de cinéma. À aucun moment je n'ai ressenti ni pression dramatique ni empathie pour les personnages, tellement plats qu'on oublierait presque qu'ils existent.
Côté réalisation, difficile d'être plus indulgent : Simon Yin échoue à insuffler le moindre rythme à son récit. La caméra est statique, les choix de montage approximatifs et l’esthétique globale d’une pauvreté visuelle flagrante. Pire encore, certaines scènes frisent l’amateurisme, à tel point que l'on se demande si une direction d’acteurs a réellement été envisagée.
Les performances sont d'une fadeur alarmante. Ni les personnages ni les dialogues ne permettent aux acteurs de briller ; mais leur jeu mécanique n'aide en rien à sauver l’ensemble. Résultat : des protagonistes sans âme, des relations superficielles, et des émotions inexistantes. Difficile d'accrocher quand tout semble sonner faux à ce point.
Traiter de la finance internationale est un défi de taille, mais Supercapitalist se prend les pieds dans le tapis dès les premières minutes. Au lieu d’éclairer un public profane ou de passionner les amateurs de géopolitique économique, le film enchaîne platitudes et lourdeurs, donnant l’impression d’une dissertation de lycéen vaguement renseigné.
Supercapitalist est, pour moi, l’archétype du projet présomptueux : vouloir s’attaquer à un grand sujet sans avoir ni la plume, ni l’œil, ni la direction nécessaires pour l’assumer. L’effort de départ peut être respecté, mais le résultat final est désastreux. Ce film n’éclaire rien, n’émotionne personne, et s’oublie dès le générique de fin. Un ratage aussi spectaculaire que frustrant.