Un auteur dramatique suicidaire se voit proposer par une mystérieuse organisation une fin en douceur, moyennant rétribution. Direction un chalet de haute montagne -plus près du Ciel? - sorte de pension de famille et antichambre de la mort où patientent une poignée d'autres candidats au suicide.
On peut penser que le sujet originel d'André Maurois est une parabole philosophique. Ce que le scénario du film de Victor Merenda s'emploie à gommer pour ne restituer qu'une façon de thriller étrange mais sans aucune portée métaphysique. Ce qui achoppe d'entrée, c'est que personne n'a l'air d'être suicidaire, à commencer par le guilleret Henri Vidal. Dans le chalet, il fait rapidement équipe avec Dawn Adams, dont le talent tient essentiellement dans ses beaux yeux, et il fait face à Lino Ventura, l'ordonnateur des basses œuvres qui ne joue pas des poings mais du piano et de l'harmonica. C'est assez croquignolet et peu convaincant.
Les dialogues de Frédéric Dard, tout en dérision, sinon en subtilité, et la décontraction de Vidal orientent le film plutôt vers la légèreté, et on est d'autant plus enclin à ne pas se laisser griser par le mystère ou un quelconque suspense que le dénouement-qui prendra une forme assez grotesque-parait couru d'avance.
Il manque au film la dimension intellectuelle et existentielle dont il s'est détourné au profit de personnages qui restent très creux. Tandis que la mise en scène sans style de Merenda ne produit pas le sentiment d'irrationnel qui aurait donné un peu de complexité et de séduction au sujet.