Après le merveilleux "Your Name." et "Les enfants du temps" qui ne déméritait pas sans pour autant atteindre tout à fait les mêmes sommets, Makoto Shinkai croise à nouveau fantasy "high concept" échevelée, anxiété d'un futur sinistré et difficulté des jeunes Japonais à socialiser et communiquer leurs sentiments. Évoquant de loin le superbe "Soul" produit par Pixar quelques années plus tôt via la transformation de son personnage masculin en chaise à trois pieds dotée de vie et bien sûr cet esprit ambivalent incarné en chat capable de provoquer des catastrophes naturelles à grande échelle comme de les arrêter, "Suzume" parvient à insuffler un certain humour visuel décalé dans son histoire de deuil adolescent et de reconnexion avec les traditions et l'humanité qu'elles ravivent dans notre société de repli sur soi. Un nouveau bijou d'émotion à l'imaginaire foisonnant, dont les portes ouvrant sur une autre dimension permettent par ailleurs au cinéaste, désormais maître de la mise en scène à la hauteur de Miyazaki ou feu Satoshi Kon, de jouer avec enchantement sur les surcadrages.