Film entièrement financé par les deux réalisateurs à hauteur de 3000 dollars, on comprend vite que le principe sera de livrer un cinéma du quotidien à mi-chemin entre le documentaire et la fiction. Le pitch est simple, à New York, un immigré illégal chinois qui a emprunté de l'oseille à des gens peu recommandables est menacé par ces derniers parce qu'il met du temps à rembourser. En gros, il a une dernière journée pour régler sa dette sinon c'est fini pour lui. Seul moyen pour le bonhomme d'y parvenir, c'est de pédaler comme un furieux dans son job de livreur dans un restaurant chinois pour accumuler les pourboires et espérer réunir la somme demandée.
Le budget riquiqui et l'approche documentaires sont à la fois le point fort et la limite du film à mon sens.
D'un côté c'est intéressant de découvrir un New York qui semble authentique, par l'intermédiaire de tous les clients que le protagoniste va livrer à domicile. Certains sont bienveillants, d'autres ouvertement racistes, rendant les saynètes de livraisons plutôt sympa à découvrir.
De même que la prise de vue dans un vrai restaurant chinois, avec le personnel en place qui offre son savoir faire comme matière première, est l'occasion de découvrir la cuisine chinoise un peu en mode "The Bear", au moment du service lors duquel les gestes doivent être précis car ça enchaîne à un rythme dingue. Les passages avec la clientèle qui vient commander sont truculents aussi, puisque l'occasion de découvrir apparemment des new yorkais non acteurs professionnels à qui il aurait été offert 5€ et de la nourriture pour leur présence le temps d'une prise (info à confirmer, ça me paraît bien cadrer avec le film et l'absence de budget mais je n'ai pas pu vérifier ce que j'ai lu dans un commentaire IMDB).
Mais sur la distance, je trouve que ça peine un peu à tenir le rythme. Le film n'est pas long, mais l'enchaînement des trajets à vélo sous la pluie finit par être un peu usant. La répétition est pourtant nécessaire pour que la fin trouve toute sa force mais le côté fonctionnel de l'écriture empêche un peu cette même fin de sonner complètement authentique.
Bref, un film sympa, très louable dans sa note d'intention, qui à mon sens fait au mieux avec les ressources à disposition.