Tamara a grandi et c’est tant mieux. Le premier volet manquait d’enjeux et souffrait de personnages lisses ; rectification apportée dans ce volume 2 où chacun dispose d’une personnalité bien développée et attachante malgré cette tendance à caricaturer l’intégration d’une provinciale à Paris. Car le traitement du Parisien ici est peu élogieux, obsédé par l’idée de réussite et par son apparence. Il y a du vrai, mais le manichéisme avec lequel le scénario traite cet aspect lui fait perdre un peu de sa puissance sournoise et insidieuse. Les coutures sont toujours visibles, et il n’y a qu’une provinciale pour en être la dupe à la manière d’une Pauline dans le roman éponyme sandien. Heureusement, le film propose une possible synthèse entre Paris et Province grâce au personnage de Sam, étudiante qui conjugue non sans difficultés un travail acharné et une vie sociale, dont la densité dramatique manque toutefois de visibilité. La mise en scène propose de bonnes idées, élabore bon nombres de miroirs entre rêve et réalité, accompagne le récit d’une manière efficace. Surtout, Tamara vol. 2 ne se complaît plus dans la niaiserie et confronte son personnage principal à ses responsabilités, qu’elles soient scolaires, familiales ou affectives. On en ressort ému, divertit et amusé. Le ton est juste, le propos intéressant. Le cliché demeure visible, certes, mais n’est plus érigé comme allégorie d’un droit à une vie normale donc niaise, d'une preuve qu'un corps disgracieux a le droit au bonheur stéréotypé des plus artificiels. Le cliché devient une tentation et donc un choix (conscient ou non), fait miroiter les étoiles pour que sa proie, en se brûlant les ailes, apprendre de sa chute.