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le 16 oct. 2017
SuivreSur la route !!!
Jean Rochefort était un géant. Le verbe de Molière avec l'élégance du gentleman farmer, un humour pince-sans-rire qui m'aura souvent fait écrouler de rire, mais qui aussi dans le registre dramatique...
On raconte que Jean Rochefort n'a jamais pu incarner "Don Quichotte" pour des problèmes de dos... Quid de ce film, alors ?
D'une mélancolie folle, Tandem nous place sur les longues autoroutes vides de la campagne Française des années 80 en compagnie de Michel Mortez, animateur radio à la célébrité fanée et Rivetot, son premier fan et assistant à qui on confie le lourd secret de l'annulation prochaine de l'émission de Mortez.
Loin du standing des stars de la TV, le film vogue d'aire d'autoroutes en hôtel rural en passant par les laveries et les "grandes places" de petits villages. Au centre de l'image, cachant tant bien que mal une solitude qui le ronge de plus en plus, Rochefort tient probablement l'un de ses plus beau rôles, alternant le cabotinage d'un animateur refusant d'être placé sur la touche avec la fatigue d'un sexagénaire perdant pied avec sa réalité. Leconte oblige, des répliques font mouche, font mal, et amènent ce subtil jeu sur la relation ambigu entre les deux protagonistes.
La chanson du film, "Il mio refugio" de Richard Cocciante accentue d'autant plus un côté romantique entre ces deux individus en marge de tout, ne dormant jamais dans leurs lits, ne s'ancrant jamais à un endroit fixe. Le rire de ce film, qui garde tout de même des scènes comiques, se fait alors de plus en plus triste, voire même crispé dans une terrible (mais géniale) scène dans laquelle Mortez est invité à un repas de bourgeois qui transforme l'animateur de quiz en candidats complètement paumé.
Le film n'a pas marché à sa sortie, Leconte a détesté l'affiche et Rocherfort qualifiera les chiffres de "sacrée branlée" mais rien n'y fait - "Tandem" est toujours pour moi mon Leconte préféré, un film que je me refais au moins une fois l'an avec la larme à l'œil de l'Italien en tête.
Créée
le 21 oct. 2024
Critique lue 16 fois
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