Je ne saurais pas vraiment par quoi commencer. "Tarnation" est un film aussi complexe que complet. Il envoie bouler beaucoup de codes. J'ignore si c'est un reportage, un vrai de vrai, en chair et en pellicule, mais il a ce goût du réel effroyable, triste, inquiétant, celui qui n'a pas besoin d'être scénarisé pour être spectaculaire. "Tarnation" en envoie plein dans la gueule. Ah oui. Des mandales. Je n'ai pas décroché le nez de mon écran, à aucun moment, même quand le "blop" de Facebook m'annonçait que le monde extérieur voulait entrer en contact avec moi. Oust, monde extérieur. Dégage. Je savoure.
Je dirais vulgairement sur "Tarnation" est un long trip. Genre du méchant LSD qui triture ma cervelle endommagée. C'est beau, ah putain oui. Tout est filmé en super 8, tout à une saveur d'instantané. Des moments sont capturés, tous plus incisifs les uns que les autres. "Tarnation" est une claque dans la gueule, oui. Voilà. Parce qu'il touche bien plus que tous les autres films proprets, parce qu'il a une esthétique usée et vivante, parce que les personnes qui déambulent devant cette caméra vous parlent, à vous, rien qu'à vous. Dites ce que vous voulez : film expérimental, psychédélique ... T-t-t. C'est la confession, l'intime, le déclin qui est montré. Rien d'autre. Caouette peut se vanter d'avoir capturé des éclats de vies et de mort, avec une honnêteté cinglante.
Fabuleux. J'applaudis.